Yagg: Bonjour à toutes et à tous. Nous sommes heureux/ses de pouvoir répondre à vos questions.

Caro: Bonjour la Yagg Team! Déjà merci pour tout ce que vous faites et d’être là simplement! Comment avez vous vécu la fusion Yagg/Têtu de l’intérieur? Etait ce un bouleversement?

Yagg: Bonjour @Caro et merci de ta fidélité. Il n’y a pas eu de fusion, Têtu nous a confié l’animation de son site. Nous remercions Jean-Jacques Augier et l’équipe de Têtu de nous avoir fait confiance. Les relations entre Têtu et Yagg se sont beaucoup réchauffées, nous avons des projets en commun, comme une table ronde consacrée à la prévention chez les gays.

léo: Yagg est-il un site qui a une situation financière stable? Avez vous des difficultés liées à votre survie? Y a-t-il un lien avec le rapprochement avec Têtu?

Christophe Martet: L’année 2012 et le début 2013 sont plutôt encourageants puisque nous avons réussi à maintenir notre activité tout en développant des projets nouveaux (comme la campagne de prévention Tu sais quoi). Mais il faut toujours être vigilant et réfléchir à de nouvelles sources de financement.

vinsh: Hello la Yagg Team ! Félicitations pour ces cinq ans aux manettes de Yagg. Des nouvelles et des perspectives du côté de Yagg Pro ? Evénements, rencontres, participations à des salons, par exemple (et pourquoi pas d’autres choses)?

Xavier Héraud: Nous allons fusionner les sites Yagg Pro et Yagg. Maintenir 2 sites devient un peu compliqué et plus très pertinent, mais nous n’abandonnons pas Yagg Pro pour autant, au contraire. D’ailleurs nous avons actuellement un projet d’after work en cours de financement. Nous croyons toujours à l’utilité d’un espace consacré à l’emploi et à la diversité pour les LGBT.

Dimitri: Bonjour Yagg, 5ans: c’est énorme et ça se fête mais qu’elles sont les perspectives d’avenir? À quand la fréquence radio? Et si un jour on aura le droit à une version audio de votre site?

Xavier: Nous aimons tous beaucoup la radio, mais Yagg a privilégié la vidéo. Une fréquence radio ou une version audio ne sont pas à l’ordre du jour.

Visiteur: Bonjour la YaggT eam. Bravo et merci pour votre portail et vos infos toujours pertinentes, qu’elles soient superficielles ou essentielles. Les tweets au moment du débat du mariage pour tous étaient particulièrement intéressants.

Julien Massillon: Suivre les débats a été extrêmement enrichissant pour nous, humainement et professionnellement. C’était gratifiant de pouvoir être là pour les autres, d’apporter quelque chose que les autres médias n’apportaient pas.

Judith Silberfeld: Ca a aussi changé nos relations avec les député.e.s. J’ai particulièrement aimé le jour où Erwann Binet nous a foncé dessus en nous demandant pourquoi nous ne faisions pas de Yaggolive ce jour-là. En fait il y en avait un, il ne l’avait juste pas vu.

AcronymeS: Joyeux Anniversaire, cette 5ème année aura été une épreuve très difficile pour les LGBT, beaucoup de travail pour tout couvrir de votre part et nous vous en remercions. Les personnes Trans’ attendent une loi depuis plus de 20 ans, est-ce que vous pensez faire quelque chose pour motiver et mobiliser la partie de la communauté qui ne connait le sujet pour essayer de faire avancer les choses?

Judith: Notre travail est d’informer et d’expliquer, et de relayer la mobilisation mise en place par les associations. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas nous-même lancer une mobilisation, mais ça vient dans un 2e temps. De toute façon, nous n’avons pas l’intention d’oublier les T maintenant que le mariage est acquis, c’est un sujet qui nous tient tout autant à coeur.

Léonie: Bonjour! L’anniversaire de Yagg à la mutinerie vendredi soir est-il maintenu? Peut-on avoir une (ou plusieurs) exclus? 🙂

Yagg: Oui, rendez-vous à partir de 19h. L’anniversaire est maintenu, puisque le bar est ouvert. Il y aura des signatures: Océane Rose Marie, Jérémy Patinier des éditions Des ailes sur un tracteur… Il y aura aussi un showcase de Sans Sebastien et peut-être d’autres surprises!

Delphine: Bonjour à tous. Quel bilan tirez-vous de ces 5 ans?

Christophe: Une grande fierté d’avoir monté cette entreprise et cette rédaction. Internet offre pour des journalistes jeunes ou chevronnés d’infinies possibilités de faire son travail. J’en profite pour remercier celles et ceux qui nous ont rejoint.e.s et qui nous apportent toute leur énergie, leur joie de vivre et leur professionnalisme. Sans oublier celles et ceux qui sont parti.e.s vers d’autres expériences professionnelles, je pense en particulier à Yannick Barbe et à Maxime Donzel.

Xavier: Nous savions que nous pouvions le faire mais cela reste tout de même incroyable pour nous d’avoir « tenu » 5 ans. Nous n’oublions pas toutes celles et tous ceux qui nous ont soutenu.e.s quand nous avons traversé des moments difficiles. Et pour répondre plus précisément sur la question du bilan, je crois en toute modestie que nous avons été utiles à la communauté LGBT, ce qui est comme le disait Christophe également une grande fierté. D’un point de vue personnel et professionnel, les débats sur le mariage pour tous resteront comme un grand moment. Je crois que Yagg a pu à cette occasion démontrer tout ce que nous souhaitions faire lorsque nous avons lancé le site il y a 5 ans.

Julien: Je suis plein de reconnaissance envers les fondateurs d’avoir créé ce média, d’avoir créé cette chose qui n’existait pas auparavant et de m’y avoir donné une place. D’être au sein d’une équipe aussi agréable au quotidien… C’est juste génial d’être ici et de travailler dans un tel environnement et sur des sujets qui nous tiennent à cœur.

Maëlle Le Corre: Pour rester dans la même tonalité, je suis ravie et très fière de faire partie de cette aventure, d’avoir intégré Yagg il y a un an et demi. Toujours aussi ravie de faire un travail aussi stimulant avec une équipe formidable. Je ne peux pas faire de bilan encore mais c’est une aventure formidable et j’ai beaucoup de chance d’être là.

Judith: on a l’air de les avoir payés, mais je pense que Julien et Maëlle expriment ce que nous ressentons tous. C’est vrai que c’est formidable de travailler avec une telle équipe, et même quand on est fatigué, qu’on a trop de travail, on est quand même contents de se voir. À part ça, beaucoup de fierté aussi, 5 ans c’est un vrai cap et ça sent l’avenir!

Marie: Combien de machines à café épuisées en 5 ans?

Christophe: Juste une! Nous ne buvons pas énormément de café 😉

Adriyen: Salut, salut! Comment les « nouveaux-elles » se sont retrouvé.e.s à faire partie de la Yagg Team?

Xavier: Fatima Rouina, Julien et Maëlle ont tous les 3 sollicité un stage chez nous. Il et elles ont fait leurs preuves et nous sommes ravi.e.s d’avoir pu les embaucher à la suite de leurs stages.

léo: Parfois vos lignes politiques ne sont pas très claires. Par exemple, je me souviens du reportage vidéo retraçant et résumant la deuxième marche de soutien parisienne à la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homo. Vous aviez, je dis ça sans méchanceté mais pas sans ironie, réussi le tour de force de monter un reportage ne parlant pas ( sauf une petite évocation) de la PMA. Vous montriez même le camion de GCC, qui ne scandait par exemple QUE des slogans pro PMA, sans que cela apparaisse, montrant de votre part un choix délibéré. Compreniez vous que cela puisse gêner, voir faire naitre un sentiment de trahison? Pourquoi avoir faire ce choix (sûrement à contre coeur) à ce moment-là?

Julien: Vous lisez beaucoup de choses dans un montage qui n’y sont pas. Il n’y a eu aucune intention de notre part de « cacher » la PMA. Le débat a commencé la semaine suivante à l’Assemblée nationale, et nous avons passé notre temps à demander aux député.e.s ce qu’il en serait de la PMA. Et nous continuons à le faire. Contrairement au gouvernement, nous continuons à croire qu’il s’agit d’une question d’égalité et pas d’éthique.

Léonie: Hormis le mariage pour tous, quel est le thème/sujet d’actu qui vous a le plus occupé.e.s ces dernières années?

Judith: Il n’y a pas eu d’autres sujets aussi transversaux, même si actuellement il y a la Russie (et en particulier Sotchi). Nous essayons justement de couvrir un maximum de sujets et non d’être focalisé.e.s sur un seul, le mariage a été une exception.

Christophe: Hors actu, Yagg a aussi créé des campagnes de prévention ciblées, chaque année, en direction des personnes LGBT.

Adriyen: Dans vos rêves les plus fous, comment vous voyez Yagg dans cinq ans?

Judith: j’ai déjà du mal à me projeter au mois prochain!

Christophe: Notre ambition, c’est d’être encore plus forts, plus nombreux/ses à travailler à Yagg parce que les sujets ne manquent pas, tout en gardant notre originalité et notre capacité à innover dans l’information ou dans les moyens de communiquer.

Xavier: Déjà le fait d’être toujours là dans 5 ans, c’est déjà un peu fou. Nous sommes déjà très heureux de Yagg tel qu’il est, et même si ce n’est pas tout à fait un projet pour l’instant, dans nos rêves les plus fous, Yagg deviendrait international (non-francophone). Personnellement je rêve aussi d’avoir 1 ou 2 assistant.e.s mais de ce point de vue on est au-delà de la folie.

Xelias: D’après ce que j’ai pu lire, le salon GayLife a été un four (plus ou moins). Comment analyser ça? Saturation du moment ou désintérêt des gays pour ce genre de salons? Et est-ce que ça peut remettre en cause les partenariats de Yagg avec des événements assez commerciaux (malgré l’organisation de débats)?

Christophe: Ce qui est dommage c’est que le salon était très bien organisé et bien conçu. Mais il n’a pas rencontré son public puisque très peu de personnes se sont déplacées. Est-ce qu’il y a eu un manque de communication? Nous sommes toujours partant.e.s pour être partenaires d’événements qui permettent de mieux faire connaitre Yagg.

Xavier: Il y a sans doute eu aussi un problème de concept, personne ne savait vraiment à quoi s’attendre en allant à ce salon.

Judith: ce n’est pas parce qu’un événement est commercial que Yagg n’a pas vocation à en être partenaire. Même si l’on peut s’interroger sur la pertinence de tels salons, nous avons toujours encouragé les initiatives, quelles qu’elles soient. Nous ne détenons pas la vérité.

filth: Bonjour j’ai eu envie de m’inscrire sur Yagg seulement j’ai eu une certaine déception car lorsque l’on s’inscrit on n’a pas le choix de se définir comme homme, femme ou trans’ (categorie « je suis »), personnellement je ne veux pas me définir car aucune des ces « catégorie » ne me correspond. Ça serait bien si on pouvait enfin voir une « case » « autre », « pas de genre » ou « ne souhaite pas me définir »…

Xavier: Bonjour filth, c’est une bonne remarque, qui nous a déjà été faite. Nous allons réfléchir à une solution rapidement.

léo: Pourquoi Yagg? D’où veniez-vous tous avant et qu’est-ce qu’il vous semblait urgent de combler, de compléter? Je pense par exemple à Christophe et son parcours à Act up. Avez-vous individuellement et collectivement rempli vos objectifs?

Xavier: Les fondateurs venaient de Têtu. Nous avions envie de créer un média mixte LGBT, ce qui n’existait évidemment pas à l’époque. Je pense que cet objectif a été rempli.

Christophe: Ce qui nous a réuni.e.s, c’est que nous étions tou.te.s journalistes, moi-même depuis 1983. Et aussi engagé.e.s.

Xelias: Envisagez-vous des « grands reportages » avec des correspondants étrangers ou des médias étrangers? On voit souvent relayées des infos sur la Russie ou en Afrique, parfois quelques témoignages plus approfondis, mais j’ai l’impression qu’on en reste souvent à la surface et aux seules indignations et qu’il est difficile d’avoir un état des lieux plus poussé, plus « journalistique ». Par exemple, pour se faire une idée des différents courants LGBT en Russie, de la personnalité (controversée!) de Nikolai Alekseiev) ou pour resituer la question LGBT en Afrique par rapport aux problématiques religieuses, économiques, etc. Ou alors je ne cherche pas bien ces infos?

Judith: Des reportages à l’étranger, mais aussi en France, cela coûte très cher. Nous essayons donc, puisque nous n’avons pas les moyens, pour l’instant, de nous déplacer autant que nous le souhaiterions, de créer des liens avec des militant.e.s sur place, de différents courants, ou avec des médias. Ce n’est peut-être pas idéal, mais nous effectuons déjà un travail journalistique aussi approfondi que possible malgré la distance. Et cela a aussi un avantage, celui du recul.

Yagg: Le chat est maintenant terminé! Merci à toutes et à tous pour vos questions

Christophe: Nous n’oublions que notre métier comporte parfois de grands risques, et nous sommes solidaires de RFI qui vient de perdre 2 de nos confrères, Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

Je voudrais aussi remercier Fatima, notre chef de publicité, qui est bourrée d’énergie pour chercher la pub, et Solomon qui assure l’entretien des locaux. Ainsi que notre chroniqueuse Bénédicte Mathieu. Et vous tou.te.s qui contribuez à faire vivre la communauté, les blogs et tout ce qui fait Yagg.

Photo La Yagg Team version 2013 (de gauche à droite, Fatima, Judith, Xavier Julien, Christophe et Maëlle)