À moins de trois mois des Jeux olympiques de Sotchi, de plus en plus de médias se penchent sur le sort réservé aux personnes LGBT en Russie. Dans un article publié hier, jeudi 7 novembre, le Huffington Post s’est intéressé aux vidéos de jeunes gays piégés et humiliés par des néo-nazis sous couvert de lutte contre la pédophilie.

LE MOUVEMENT S’EXPORTE
Le phénomène en cours depuis plusieurs mois déjà n’a pas encore suscité la moindre réaction du gouvernement russe, laissant la violence se perpétuer en toute impunité. Les lois votées pour contrer la «propagande homosexuelle» et peut-être bientôt retirer la garde de leurs enfants aux parents homos ne font que conforter les personnes à l’origine des agressions et des humiliations dans leurs pratiques. Le mode opératoire est souvent le même, quels que soient les groupes à l’origine de ces traquenards: une jeune personne LGBT est contactée via un site de rencontres; lors du rendez-vous, un groupe de personnes se présente et l’escorte dans un lieu fermé pour lui faire subir divers sévices.

Certain.e.s sont contraint.e.s à boire de l’urine, d’autres ont les cheveux tondus et doivent se livrer à des prestations honteuses destinées à les rabaisser. Le leader apparent de ce mouvement, l’ultranationaliste Maxim Martsinkevich, exporte ces exactions en Ukraine pour s’en prendre à des jeunes gays de 16 ans.

http://youtu.be/-mk7pIPX3SY

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Russia: When neo-Nazis humiliate young gay Russian and mock the rainbow flag

QUELLE RÉPONSE POLITIQUE?
David Smith, un étudiant sud-africain âgé de 20 ans, a été à son tour la cible d’une de ces attaques à Belgorod, près de la frontière ukrainienne, rapporte Spectrum Human Rights Alliance. Outre des attaques homophobes, les personnes qui l’ont humilié ont également utilisé des insultes racistes à son encontre. En plus du réseau social Vkontakte.ru, de nombreuses vidéos sont mises en ligne sur YouTube avec le mot-clé «Occupy pedophilia».

L’émoi que suscitent ces images provoquera-t-il une réaction chez les responsables politiques? Les autorités russes et ukrainiennes n’ont jamais réagi malgré l’insistance des militant.e.s dans ces pays. Côté français, le dernier déplacement de Jean-Marc Ayrault en Russie s’est déroulé le 31 octobre mais avait pour objet le renforcement des échanges commerciaux.

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