Après avoir demandé à ses ouailles de cesser de se focaliser sur l’homosexualité ou l’avortement, le pape François a créé la surprise ce mardi 5 novembre en adressant aux conférences épiscopales un questionnaire dans lequel il interroge les membres du clergé et les fidèles sur leur opinion quant au divorce, au concubinage et aux familles homoparentales, entre autres. «Aujourd’hui se présentent des situations inédites jusqu’à ces dernières années, peut-on lire en préambule de ce questionnaire, depuis la diffusion des couples en union libre, qui ne se marient pas et parfois en excluent même l’idée, jusqu’aux unions entre des personnes du même sexe, auxquelles il est souvent consenti d’adopter des enfants.»

Dans la partie dédiée aux «unions de personnes de même sexe», voici les questions du Vatican:

«Existe-t-il dans votre pays une loi civile qui reconnaisse aux unions de personnes du même sexe une quelconque équivalence au mariage? Quel est le comportement des Églises particulières et locales tant envers l’État promoteur d’unions civiles entre personnes du même sexe, qu’envers les personnes impliquées dans ce type d’union? Quelle attention pastorale est-il possible d’avoir envers des personnes qui ont choisi de vivre selon ce type d’unions? En cas d’unions entre personnes du même sexe qui aient adopté des enfants, quel comportement pastoral tenir en vue de la transmission de la foi?»

DES QUESTIONS ET DES RÉPONSES
Deux cardinaux ont animé hier une conférence de presse au sujet du questionnaire, soulignant à quel point il était important d’écouter les fidèles. C’est la première fois qu’une telle initiative est prise par le Vatican pour mieux entendre l’opinion de la base. «Je n’ai pas de réponses toutes prêtes», a précisé Bruno Forte, secrétaire spécial de l’assemblée des évêques et considéré comme plutôt réformateur d’après l’AFP.

L’Église catholique se dit prête à entendre les réponses, mais le questionnaire présume déjà de quelques-unes d’entre elles puisque le droit naturel est abondamment cité. Le mariage demeure par exemple l’union d’un homme et d’une femme dans le but de procréer. La différence de genre est «un bien» accordé par «le Créateur» et le divorce demeure impensable.

OUVERTURE?
Les questions du pape François servent avant tout à déterminer quel message apporter à celles et ceux qui ne rentrent pas dans les cases élaborées par l’institution religieuse. Pour Lorenzo Baldisseri, secrétaire général de l’assemblée des évêques, on peut déjà observer une «grande ouverture» dans la mesure où l’Église catholique autorise les enfants de couples homos, divorcés ou concubins à bénéficier des sacrements. Si les familles homoparentales sont implicitement dépeintes comme le summum du pire, il n’en reste pas moins inédit que le clergé catholique reconnaisse de façon aussi explicite leur existence.

Les évêques disposent de quelques mois pour faire remonter les réponses recueillies dans les paroisses. Ces réponses serviront à alimenter un synode sur la famille qui aura lieu en octobre 2014.

Photo Casa Rosada