Nadia Portheault, membre du Front national, a annoncé qu’elle retirait sa candidature à la mairie de Saint-Alban, une commune de l’agglomération toulousaine. D’origine algérienne, elle dénonce certains comportements à son égard: «Je voulais être candidate sous mon nom de jeune fille: Djelida. On m’a vivement conseillé de privilégier mon nom d’épouse, allant même jusqu’à me dire que mon prénom était déjà presque un handicap.» Mais certaines paroles sont bien plus révoltantes, puisqu’elle rapporte qu’un cadre du parti lui aurait dit: «Toi et tes enfants, vous êtes bons pour le four». Enfin l’ex-candidate et son mari racontent avoir vu un responsable se vanter de la croix gammée tatouée sur le corps de son frère et être «fier de dire qu’il est un fils de nazi», citent un membre du bureau départemental du FN 31 disant qu’il «faut tuer tous les arabes», un autre avouant sa haine pour les homos et les arabes. À l’origine, c’est «l’idée de rassemblement de tous les Français, l’égalité entre tous et le patriotisme» qui avaient motivé Nadia Portheault et son mari à adhérer au Front national. Thierry Portheault a fait parvenir une lettre à Marine Le Pen pour faire part de son désarroi.

Homophobe et raciste, le parti d’extrême droite? Certain.e.s, comme Nadia et Thierry Portheault semblent le découvrir et s’en étonner. Pourtant, la défense des minorités, la lutte pour l’égalité des droits n’ont jamais fait bon ménage avec l’idéologie du FN. Déjà en 2010, une jeune militante d’extrême droite avait été contrainte sous la pression de ses collègues du Front national de la jeunesse, de quitter certains groupes Facebook pro-LGBT et s’était éloignée de «certaines causes sociétales incompatibles» avec celles du FN, pour conserver son poste de secrétaire départementale adjointe.

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