Lors d’un vote hier, lundi 4 novembre, 61 élu.e.s du Sénat se sont prononcé.e.s en faveur de l’examen d’un projet de loi s’appliquant dans le monde du travail et protégeant les personnes LGBT de discriminations (Employment Non-Discrimination Act, ENDA). Seuls quelques États disposent aujourd’hui de règlementations interdisant les discriminations à raison de l’identité de genre ou de l’orientation sexuelle. Dans les autres, il est légal de licencier une personne parce qu’elle est trans’, bi ou homosexuelle. Sur la carte ci-dessous, publiée sur le blog Joe. My. God., figurent en rouge les États où il est légal de pratiquer ce type de discriminations à l’encontre des personnes homosexuelles.

etats licenciement lgbt

 

Dans une tribune publiée hier sur le site du HuffingtonPost, le président Barack Obama a appelé les sénateurs et les sénatrices à voter pour ce projet de loi protecteur.

«Les Américain.e.s ne devraient être jugé.e.s que sur une seule chose au travail: leur capacité à accomplir leur mission. Quelle différence cela fait-il si un pompier qui vous porte secours est homo? Ou s’il s’agit d’un.e comptable qui s’occupe de vos impôts, ou d’un.e mécanicien.ne qui répare votre voiture? Si quelqu’un travaille dur tous les jours, fait tout ce qu’on lui demande, se montre responsable et digne de confiance et s’avère être un.e bon.ne collègue, c’est tout ce qui compte.»

Mais jusqu’à la dernière minute, le vote est resté incertain. Les élu.e.s n’avaient pas à adopter le texte en soi mais devaient décider s’il serait ou non débattu. Soixante voix étaient requises pour que la discussion débute sans obstruction parlementaire. De longues négociations ont été nécessaires, rapporte le New York Times. En échange d’un vote sur les amendements républicains visant à accorder des dérogations pour que les institutions religieuses puissent licencier des personnes LGBT sans être inquiétées, sept républicain.e.s ont voté avec les démocrates. C’est notamment le cas du sénateur Rob Portman de l’Ohio, le premier sénateur républicain pro-mariage pour tou.te.s. Il a reçu un tweet de soutien de la part de son fils Will, dont le coming-out l’avait poussé à changer ses positions sur l’égalité des droits:

OPPOSITION DE LA CHAMBRE DES REPRÉSENTANT.E.S
Le Sénat devrait adopter d’ici la fin de la semaine le projet de loi interdisant les discriminations au travail au titre de l’identité de genre et de l’orientation sexuelle, tout comme sont déjà prohibées les discriminations fondées sur l’ethnie, la religion, l’origine ou le sexe d’une personne. Mais le texte n’a pas encore été étudié par la Chambre des représentant.e.s, actuellement dominée par les républicain.e.s. Le président de la Chambre, John Boehner, a d’ores et déjà indiqué que l’examen de ce projet de loi ne serait pas une priorité.

Selon son porte-parole qui s’est exprimé hier, «cette mesure augmentera les contentieux sans fondement» et aura des répercussions sur le coût du travail, notamment dans les petites entreprises. Il estime par ailleurs que les lois existantes sont suffisantes. Elles n’ont toutefois pas suffi à empêcher le licenciement de plusieurs personnes LGBT.

VICTOIRE SYMBOLIQUE
Si le projet de loi parvient un jour devant les élu.e.s de la Chambre des représentant.e.s, les amendements avancés par le parti républicain videraient le texte de sa substance, soulignent les journalistes du New York Times. Les dérogations requises permettraient aux universités et hôpitaux gérés par des institutions religieuses de virer des personnes LGBT parce qu’elles sont lesbiennes, gays, bi ou trans’.

L’examen du texte par le Sénat a avant tout une valeur symbolique. Un projet de loi similaire avait été abandonné à cause d’une voix manquante en 1996. En 2007, la Chambre des représentant.e.s a adopté un texte protégeant les gays, les lesbiennes et les personnes bisexuelles, mais pas les trans’ et le texte n’a même pas été présenté au Sénat. L’examen du texte par la Chambre haute est une victoire, certes, mais sans répercussion immédiate.

Photo Scrumshus