L’Allemagne devient, vendredi 1er novembre, le premier pays européen à proposer officiellement la possibilité d’inscrire un sexe « indéterminé » aux nourrissons sur leur certificat de naissance.

Après l’Australie et le Népal, c’est l’Allemagne qui reconnaît la possibilité de ne pas spécifier le genre sur les papiers d’état civil. Cette mesure décidée au mois d’août s’appuie sur une recommandation de la Cour constitutionnelle et permettra désormais aux parents dont l’enfant sera né.e intersexué.e de cocher une troisième case, autre que «féminin» ou «masculin». La ministre de la Justice Sabine Leuthheusser-Schnarrenberger avait déclaré en août qu’une réforme globale était nécessaire pour que les autres documents administratifs intègrent aussi cette troisième catégorie. Il est prévu que les personnes concernées pourront faire modifier, si elles le souhaitent, cette mention «indéterminée» à tout moment de leur vie.

Néanmoins, ces mesures, même si elles représentent des avancées significatives, restent encore insuffisantes, notamment pour les associations. Pour Vincent Guillot, membre de l’Organisation Internationale des Intersexués (OII), cette loi est un «échec du mouvement intersexe»: «C’est la concrétisation de la demande des médecins et des parents de patients, expliquait l’activiste à Yagg en août dernier. Cette loi n’ouvre pas un troisième genre, elle ne s’appliquera ni aux personnes trans’, ni aux personnes intersexué.e.s, mais essentiellement aux nouveaux nés et ce, sur ordonnance.»

Cette case «hors sexe» serait donc une fausse solution. Sans compter que d’autres pays ont déjà des dispositions allant dans ce sens… et notamment la France: «Il est possible de surseoir à la déclaration du sexe administratif des enfants intersexués durant deux ans, si le médecin fait une demande auprès du juge, rappelle Vincent Guillot. Mais personne ne l’utilise!»

Photo Carin Araujo