Tom sort de scène après sa performance de drag-king. Dans cet entre-deux où il se change, se démaquille, et quitte progressivement le personnage qu’il interprétait quelques minutes plus tôt, il laisse se dérouler le fil de ses pensées…

Seul en scène, le comédien Tom Nanty donne son corps et sa voix pour cette mise en scène d’Annika Weber avec la compagnie Un jour aux rives. Déjà aperçu dans le rôle principal du court-métrage de bruce réalisé pour la campagne de prévention Tu Sais Quoi?, c’est lui qui a écrit Side In / Side Out. La pièce a été présentée au Festival International de Théâtre Anarchiste de Montréal en 2012, puis dans plusieurs salles parisiennes au printemps dernier. Fin juin, la compagnie a remporté le prix Paris Jeunes Talents dans la catégorie Spectacle Vivant. Aujourd’hui, Side In/Side Out est présentée au festival Péril Jeune à l’espace Confluences de Paris pour trois dates, les 1er, 2 et 3 octobre. Une pièce surprenante et une réflexion sensible autour de thèmes actuels mais difficiles à aborder dans le spectacle vivant: les inégalités sociales, les travers de l’urbanisme, l’élitisme culturel. Un de ces moments de théâtre où le texte touche juste en révélant une pensée aussi intime que politique. Extrait:

«Tu viens de te faire une heure de transports en commun pour rentrer dans ta banlieue, avec les graffitis sauvages qui défilent – tâches de couleurs dans le paysage gris. Tu reviens d’une très mauvaise nuit chez ton meilleur pote, à cause du décalage horaire, que tu sens encore dans ton corps, et qui te fout le moral à zéro parce qu’à midi pour toi il est encore six heures du matin, et difficile à cette heure-ci d’avoir la forme et de positiver. T’as juste envie de t’enfoncer dans ton lit et de dormir pour oublier la réalité. Et puis ce boucan qu’il y a à Paris même la nuit, que tu avais oublié et que tu aurais préféré ne pas redécouvrir. Et il faut bien l’admettre: tous les pétards fumés n’ont pas aidé à trouver le sommeil non plus. C’était plutôt le cerveau qui bouillonne, fourmille d’idées et enchaîne les pensées plus vite que son ombre, ce qui fait qu’avec les yeux fermés t’as l’impression de voir plus de paysage que si t’étais dans un TGV.»

Photo coyotine