Le Comité international olympique (CIO) a visité pour la dernière fois avant le début des Jeux de Sotchi les installations sportives, ce jeudi 26 septembre. Dans un long communiqué de presse où elle salue les efforts entrepris par la Russie pour l’éclat et la splendeur de l’événement, l’organisation se félicite des «progrès» accomplis et de la réussite des premiers tests. Lors de la conférence de presse qui a suivi cette visite, le président du Comité de coordination des JO Jean-Claude Killy s’est réjoui que «tout se passe magnifiquement» en ce qui concerne les infrastructures, rapporte l’AFP. Son enthousiasme s’est à peine affadi lorsque la question de la loi «anti-propagande homosexuelle» a été abordée. Pour Jean-Claude Killy, la législation ne viole pas la charte olympique:

«La charte olympique prévoit que toute ségrégation soit parfaitement interdite, que ce soit raciale, de religion, de couleur ou autre sur le territoire olympique, et donc ce sera le cas, nous en sommes persuadés. Le CIO n’a pas vocation à discuter des lois dans les pays dans lesquels les jeux olympiques sont organisés. À partir du moment où la charte olympique est respectée, nous sommes satisfaits et c’est le cas.»

Le CIO s’aligne donc sur la position des officiel.le.s russes, qui n’ont cessé de répéter que cette loi homophobe n’est en rien discriminante. Le vice-Premier ministre Dmitry Kozak a précisé que la violation de la loi entraînerait des sanctions pour les LGBT comme pour les personnes hétérosexuelles et que par conséquent, «on ne peut pas parler de discrimination».

La veille, les autorités russes ont arrêté dix activistes qui manifestaient contre les lois homophobes en vigueur dans le pays. Mené par Nikolai Alexeiev, le groupe a à peine eu le temps de brandir une pancarte devant le siège du comité d’organisation des JO à Moscou que la police est intervenue. Les militant.e.s ont été libéré.e.s quatre heures plus tard, relate Gay Star News. Quelques jours plus tôt, Nikolai Alexeiev avait d’ailleurs confié que la loi sur la «propagande homosexuelle» était utilisée comme un «prétexte» pour interdire toute forme de manifestation pro-LGBT, avant même que le décret interdisant toute manifestation à Sotchi entre en vigueur.

Photo Arnaud Gaillard