Début septembre, l’élu municipal de Bordeaux Matthieu Rouveyre s’était adressé au maire Alain Juppé en l’exhortant à se prononcer sur les lois homophobes en vigueur en Russie. Le président du groupe socialiste l’appelait à suspendre le jumelage avec la ville de Saint-Pétersbourg afin de susciter un échange sur la question des droits des LGBT entre les deux villes. Matthieu Rouveyre a soumis sa question lors du Conseil municipal qui s’est tenu lundi 23 septembre. Verdict: Aain Juppé a refusé de remettre en cause le jumelage: «Suspendre le jumelage serait plus néfaste que profitable, explique le service presse de la ville de Bordeaux. Les habitant.e.s n’ont pas à subir de rétorsions à ce niveau-là.»

En revanche, le maire s’est engagé à écrire au maire de Saint-Pétersbourg pour lui faire part de son inquiétude concernant le sort des personnes homosexuelles en Russie. Pour Mathieu Rouveyre, cela représente un bon début: «C’est un premier pas que je salue. J’ai demandé à avoir communication de ce courrier quand il sera rédigé», a-t-il signalé à Yagg.

À Philadelphie, c’est Vyacheslav Revin, militant russe et directeur de l’association russe LGBT Assistance, qui s’est adressé dans une lettre à la municipalité pour faire part de sa consternation devant le refus de rompre le jumelage avec la ville de Nijni Novgorod. Il y décrit une situation intenable: «La police est devenue un outil de répression, elle menace et frappe ceux et celles qui tentent de faire usage de leurs droits civiques. Beaucoup de gens sont devenus des victimes de cette persécution. On bat les gens jusque dans les commissariats. J’ai été moi-même obligé de fuir car le chef du département de lutte contre l’extrémisme m’a ouvertement menacé sur Twitter de « s’occuper » de moi. Pourquoi? Parce que je suis ouvertement gay, parce que je suis séropositif, parce que j’essaie d’être un citoyen responsable. Et parce que j’ai publié une pétition, signée par des centaines de personnes, demandant à Poutine de mettre un terme à ses activités».

Viacheslav Revin demande désormais à la ville de Philadelphie de ne plus soutenir la politique liberticide de Nijni Novgorod: «En faisant cela, vous montreriez du soutien au peuple de Russie et diriez NON aux criminels qui ont usurpé le pouvoir dans ma ville».

Photo josu.orbe