[mise à jour, 13h53] Ajout de précisions sur François Ansermet.

Un arrêté du 11 septembre «portant nomination au Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé» est publié ce dimanche 22 septembre au Journal officiel. Comme le remarque Le Monde, «plus aucun religieux ne fera partie du comité»: un pasteur est remplacé par l’historienne Marianne Carbonnier-Burkard et un rabbin par le neurologue Lionel Naccache.

Parmi les autres nominations notables, celles de l’avocat Jean-Pierre Mignard, proche de François Hollande et co-directeur de l’hebdomadaire (gay-friendly) Témoignage chrétien, désigné par Jean-Marc Ayrault, et de la sénatrice Michelle Meunier, qui réfléchit notamment à résoudre les difficultés rencontrées par les personnes trans’ pour obtenir un changement d’état civil, choisie par le président du Sénat Jean-Pierre Bel. Elle était aussi rapporteure pour avis de la commission des affaires sociales du Sénat pour la loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels. Elle est aussi favorable à l’ouverture de l’accès à l’aide médicale à la procréation (AMP, aussi appelée PMA) aux couples de femmes. François Ansermet, pédopsychiatre, fait aussi partie des nouveaux entrants. Il fut entendu dans le cadre du rapport de la Commission suisse d’éthique dans le domaine de la médecine humaine sur l’intersexualité de 2012.

Cette ouverture fait partie des sujets sur lesquels le CCNE est appelé à se prononcer prochainement, de même que la fin de l’interdiction faite aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes de donner leur sang, ou la fin de vie.

GLISSEMENT À GAUCHE?
Le nombre de nouveaux/elles membres (22) excède largement celui des renouvellements obligatoires (7), souligne Le Monde. Faut-il y voir une volonté de faire glisser le CCNE vers la gauche? «Je ne fais pas partie d’une opération de glissement à gauche du CCNE, réplique Jean-Marie Delarue, cité par Le Monde. Je n’ai pas été choisi par le gouvernement comme personnalité qualifiée, mais par le Conseil d’État en tant que juriste, et j’espère qu’en la matière, mes compétences seront utiles. D’ailleurs, les options politiques ne recoupent pas toujours les options sociétales, on l’a vu notamment au printemps dernier.»

Le CCNE y gagnera peut-être cependant en réflexion. C’est en tout cas le souhait d’Eric Favereau, de Libération, qui écrivait récemment sur son blog: ««Reste à souhaiter à ce nouveau Comité – que préside le professeur Jean Claude Ameisen – un peu plus d’audace que le précédent qui avait rendu un avis sur la fin de vie considéré par tous comme d’une très grande pauvreté intellectuelle.»

Ces nominations sont les premières depuis l’élection de François Hollande. Créé par François Mitterrand, le CCNE est renouvelé par moitié tous les deux ans, le nombre de mandat (de quatre ans) des membres est limité à deux.

Photos DR (jpmignard.fr / Facebook)