Dans Libération, Olga Trostiansky, adjointe au maire de Paris et fondatrice du Laboratoire de l’Égalité, et Françoise Vouillot, maîtresse de conférences Inetop-Cnam et membre du Laboratoire de l’Égalité, ont signé une tribune sur la levée de boucliers des opposant.e.s à l’enseignement de l’égalité homme-femme à l’école. Depuis la rentrée, plusieurs collectifs proches de la «Manif Pour Tous» ont distribué des tracts à la sortie d’établissements scolaires, tandis que d’autres groupes appellent à la création de «comités de vigilance Gender», pour lutter contre la dangereuse «théorie du genre»:

«Ce qui fait peur aux conservateurs, c’est que l’école puisse être le lieu, non plus de conservation de notre bonne vieille société patriarcale, mais le lieu où l’on donne aux enfants les moyens de ne pas reproduire les stéréotypes sexistes et les rapports de domination dès le plus jeune âge, où l’on apprend aux enfants à appréhender sans culpabilité ni jugement la diversité des identités et des sexualités, où l’on donne aux jeunes gens les clés d’une sexualité et d’une personnalité épanouies. Ce qui est en jeu pour les opposants au genre, ce n’est pas tant de protéger l’intégrité de nos chers bambins que de lutter contre un mouvement de fond désormais à l’œuvre dans notre société: l’affirmation de l’égalité entre les femmes et les hommes et le respect de la diversité des identités et des sexualités indépendamment des caractéristiques biologiques.»

À lire sur Libération.

Toujours dans Libération, un article se penche sur l’enseignement du genre à l’école… de l’intérieur. En effet, certain.e.s instituteurs/trices n’ont pas attendus l’ABCD de l’Égalité pour sensibiliser et questionner les rôles des garçons et des filles à travers des jeux et des histoires. C’est le cas d’Isabelle Cabat-Houssais dans une école du Xe arrondissement de Paris: « »Selon vous, pourquoi le personnage en a marre du rose? » demande-t-elle. Marwa prend la parole: « Parce que c’est un garçon manqué. » « Qu’est-ce que c’est un garçon manqué? C’est une fille ratée? » « Eh ben c’est une fille qui adore les jouets de garçons » répond Françoise. « Ah bon? s’étonne la maîtresse. Il y a des activités réservées aux garçons et d’autres aux filles? » « Ouiii! » répondent les élèves. Omar tempère: « Des fois, les garçons, ils jouent à la corde à sauter… » Saja ajoute que son père lui raccommode parfois ses affaires. Et Ruben raconte comment, chez sa Mamie, il coud. Sans que cela provoque éclats de rire ou moqueries.»

À lire sur Libération (en accès payant à partir de demain).

Photo daveparker

Via Rustine.