C’est donc Bill de Blasio qui représentera le Parti démocrate lors des élections municipales, en novembre, à New York, pour succéder à Michael Bloomberg. Celui qui est considéré comme le plus à gauche des candidat.e.s à la primaire démocrate a notamment devancé Christine Quinn, qui espérait être la première lesbienne (et même la première femme) à la tête de la ville mythique. Dommage pour Christine Quinn mais peut-être pas pour les LGBT. Comme l’expliquait Marcie Bianco sur Afterellen la semaine dernière, Bill de Blasio est «l’un des nôtres»: sa famille est multiraciale, il est copain avec les plus cools des people homos et féministes (Cynthia Nixon, Alan Cumming, Susan Sarandon, Lady Bunny…) et sa femme, Chirlane McCray, se définissait comme lesbienne avant de l’épouser. Ce qui a permis à Jon Stewart de dire dans le Daily Show que les Républicains adorent de Blasio parce qu’il peut transformer les homos en hétéros:

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En mai dernier, dans un entretien au magazine Essence, Chirlane McCray se remémorait un texte qu’elle y a publié en 1979, intitulé «I Am a Lesbian», considéré comme l’une des premières fois où une femme noire s’est exprimée aussi ouvertement sur sa sexualité dans un magazine destiné aux noirs.

«En 1979, je pensais qu’il était important de combattre le mythe selon lequel il n’existe pas de noirs homos, parce que les noirs ne font pas ce genre de choses, expliquait-elle. Cet article, c’était ma façon de dire aux femmes noires un peu partout dans le pays, « vous n’êtes pas seules ».»

Sur sa rencontre avec Bill de Blasio, en 1991: «J’ai fait mon coming-out à 17 ans. Je n’étais jamais vraiment sortie avec des hommes. J’ai pensé, « whoa, que se passe-t-il? ». Mais je n’ai pas pensé, « Oh, maintenant je suis attirée par les hommes. J’étais attirée par Bill. J’avais le sentiment qu’il était la personne parfaite pour moi. Pour deux personnes qui se ressemblent si peu, nous avons beaucoup de points communs. Nous sommes un couple non-conventionnel très conventionnel.»

Chirlane McCray ne se dit pas bisexuelle:

«Les étiquettes mettent les gens dans des boites, et ces boites ont la forme de cercueils. Trouver la bonne personne est parfois si difficile que souvent, quand l’on trouve quelqu’un avec qui l’on se sent bien, on s’arrange pour que cela fonctionne.»

Pour toutes ces raisons, le blog de NYU, la New York University, voit en Chirlane McCray la First Lady dont la ville a besoin: elle déteste les étiquettes, elle s’y connait en politique, elle maitrise parfaitement Twitter, ses poèmes sont époustouflants et, comme son mari, elle soutient pleinement l’égalité pour les personnes LGBT.

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