En dépit du refus de Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud), maire de Bollène, de les marier, Angélique Leroux et Amandine Gilles ont pu se dire «oui» hier, mardi 10 septembre, aux alentours de 17 heures. Une adjointe de la maire a procédé à la célébration. «Là pour l’instant c’est le bonheur, a confié Amandine Gilles à sa sortie de l’hôtel de ville, rapporte l’AFP. Après, notre combat n’est pas encore fini, mais là pour aujourd’hui… Ouf, ça y est, on a ce qu’on voulait.»

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ADJOINT.E.S SOLIDAIRES
La maire d’extrême droite avait invoqué ses «convictions religieuses» pour ne pas unir les deux femmes. Le Monde précise qu’elle «consacre» chaque année la ville et ses habitant.e.s, avec l’aide d’un prêtre, au sacré-cœur de Jésus. Mais elle a finalement dû céder. Dans un communiqué, ses adjoint.e.s ont indiqué que c’est la peur d’une «éventuelle condamnation pénale» qui a motivé Jacqueline Morel, l’adjointe à la Culture, à officier pour ce mariage. Il et elles se montrent solidaires de l’édile et réclament une «clause de conscience» pour ne pas appliquer la loi. Ils/elles prennent également pour cibles les deux mariées. Celles-ci souhaitaient un mariage discret, le refus de Marie-Claude Bompard a provoqué l’intérêt des médias. Mais pour les adjoint.e.s, cette publicité incombe avant tout à Amandine Gilles et Angélique Leroux:

«Il y a presque trois semaines, le 23 août, madame le maire de Bollène a souhaité recevoir ces deux personnes, pour leur faire part des raisons qui la conduisaient à refuser d’assurer elle-même cette cérémonie ou de déléguer son pouvoir à un conseiller municipal, fut-il d’opposition, pour le faire à sa place. Ce rendez-vous n’était en aucun cas public. À la sortie de cette réunion, Mme Gilles et Mme Leroux sont allées dans la minute contacter la presse (Vaucluse Matin). Elles ont posé pour les photographes. Elles ont donné leurs noms, montré leurs visages. Ce sont elles qui ont décidé de médiatiser cette affaire. Elles en portent l’entière responsabilité.»

Les adjoint.e.s ont jusqu’au bout manifesté leur hostilité. Après la cérémonie, André-Yves Beck, adjoint aux Finances, a ainsi déclaré: «Pour vous c’est un mariage? Fort bien et non pas pour moi. J’espère que vous m’accordez le droit de ne pas le penser.»

«IL N’Y AURA PAS DE PARDON»
Les deux femmes ont par ailleurs porté plainte pour discrimination dans l’application de la loi en raison de l’orientation sexuelle et entrave à l’exécution de la loi par personne dépositaire de l’autorité publique. Même si leur mariage a pu avoir lieu, elles n’entendent pas retirer leur plainte: «Il n’y aura pas de pardon, a martelé Amandine Gilles. Ce que cette femme a fait… Il n’y aura pas de pardon, ça c’est une chose qui est certaine.» Le parquet de Carpentras a ouvert une enquête préliminaire et la maire refuse désormais de s’exprimer à ce sujet tant que la procédure est en cours.

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