Rassemblement de cathos en mal de croisade du vendredi 6 au dimanche 8 septembre à Sainte-Foy-lès-Lyon dans le Rhône. Des têtes d’affiche de la «Manif pour tous», seule Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot, a fait le déplacement. Mais elle est bien entourée: des membres du Parti chrétien-démocrate (PCD) de Christine Boutin sont présent.e.s, ainsi que des villiéristes du Mouvement pour la France (MPF), des souverainistes, des royalistes et des anti-avortement. Tou.te.s sont là pour réfléchir à l’avenir du mouvement lancé il y a environ un an et qui avait vu l’émergence du mouvement aux couleurs criardes et aux slogans prétendument bon enfant.

L’égérie d’alors est aujourd’hui marginalisée car elle veut quelques droits pour les homos. Pour un élu mi-MPF mi-PCD, au contraire, il ne faudrait «rien» leur accorder. Un participant du séminaire estime de son côté que «deux hommes ensemble, c’est un péché», ce qui justifie à ses yeux toute absence de reconnaissance des couples de même sexe. Un autre se lance dans une tirade prophétique:

«Le Jugement a commencé car la France s’est déchristianisée, est entrée dans la dépravation, dans l’hédonisme. Nous, chrétiens, nous nous sommes laissé endormir. Quand la lumière ne brille plus, les ténèbres envahissent. Auparavant, nous avions évité Lionel Jospin et Ségolène Royal, derrières lesquels, il faut le dire, se mouvaient les forces du mal… »

L’assemblée s’émeut ensuite des menaces futures, dont la «théorie du genre» qui «interdit aux petits garçons de faire pipi debout car c’est une “discrimination” vis-à-vis des filles». Mais on redoute aussi la vente d’enfants sur internet, l’inceste et la zoophilie, comme si le mariage des couples de même sexe ouvrait la porte à tous les interdits.

Lucides, certain.e.s comprennent que l’enjeu de tout cela, «c’est quatre nénettes – Barjot, Bourges [du Printemps français, ndlr], La Rochère [de la la «Manif pour tous», ndlr], Boutin – qui se tirent la bourre et veulent toutes être têtes de liste». Quand le séminaire s’achève, personne n’est tombé d’accord sur la marche à suivre. Ce qui était pourtant l’objectif de départ. Pas à une contradiction près, Virginie Merle-Tellenne s’offusque que la réunion se soit déroulée avec une aide financière de Bruno Gollnisch, membre du bureau politique du Front national… Aurait-elle oublié l’étreinte de Gilbert Collard, député du FN, avec qui elle défila cinq mois plus tôt? «De toute manière, personne ne comprend personne», soupire une participante.

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