Le blog Badasseszine publie une traduction d’un post de Mey, initialement publié sur Autostraddle.com. En s’appuyant sur le personnage de Sophia Burset (photo) dans Orange Is The New Black, le post explique la situation alarmante des femmes trans’ condamnées à la prison aux États-Unis, et qui contrairement à ce qui est présenté dans la fameuse série de Jenji Kohan, ne sont pas, de façon générale, placées avec des détenues de leur genre. Mey s’appuie en partie sur le cas de CeCe McDonald, condamnée en juin 2012 pour homicide involontaire pour avoir tué son agresseur, et emprisonnée dans un centre de détention pour hommes du Minnessota. L’article souligne que ce problème touche d’autant plus les personnes trans’ racisées (et non-opérées) qui alors sont victimes d’une double discrimination. Impossibilité de poursuivre ou de commencer son traitement, de porter des vêtements conformes à son identité de genre, sans compter le risque d’être agressée par les co-détenus, la transphobie du milieu carcéral n’est finalement «que le reflet exacerbé de la transphobie générale qui sévit dans la société.»

Une situation qui n’est pas propre aux États-Unis. Si Ouest-France fait preuve d’une transphobie criante dans son article sur la situation de Chloé Vilain, incarcérée au centre de détention de Caen, il met en lumière le traitement inhumain réservé aux détenues trans’. La détenue n’a en effet pas pu comparaître hier au tribunal car l’administration a jugé sa tenue inappropriée: Chloé Vilain portait une jupe. Elle devait être jugée pour avoir insulté un gardien: en 2010, après d’être fait confisquer son maquillage et son traitement hormonal, Chloé Vilain aurait menacé de se mutiler et l’aurait traité de «connard». Chloé Vilain a été condamnée 15 jours de prison et 50 euros de dommages et intérêts. En 2012, l’association Ban Public tirait déjà la sonnette d’alarme concernant sa situation. Détenue dans une prison pour hommes, Chloé Vilain a été agressée à de nombreuses reprises et l’administration pénitentiaire est bien loin d’apporter la sécurité et les soins que requiert sa situation.

À lire sur Badasseszine et Ouest-France.

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