Selon Dmitri Makarov du Mouvement des jeunes pour les droits humains, Barack Obama n’a parlé des droits des personnes LGBT que durant deux minutes lors de sa rencontre avec des activistes russes, en marge du G20 vendredi 6 septembre. Cela n’a toutefois pas entaché la valeur de cette réunion aux yeux des militant.e.s LGBT présent.e.s: «Pour moi, le simple fait que des membres de la communauté LGBT ont été invité.e.s est important», a indiqué Igor Kotchekov du Russian LGBT Network à l’agence de presse RIA Novosti. Lui et Olga Lenkova de l’association locale Coming Out représentaient les LGBT parmi d’autres activistes luttant entre autres pour la préservation de l’environnement ou la liberté de la presse en Russie.

Le président américain a passé une heure avec ces militant.e.s, indiquant qu’il était plus venu pour les entendre que pour leur parler, indique un communiqué de la Maison Blanche qui reprend les propos du chef d’État ci-dessous.

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«Je veux simplement remercier tou.te.s les participant.e.s de cette table ronde. Vous formez un groupe incroyable et très divers de personnes influentes dans la société civile, et c’est quelque chose que j’aime beaucoup faire dans tous les pays que je visite parce que je crois fermement que la force d’un pays vient au fond de son peuple et qu’aussi importants que soient les gouvernements – et leurs lois – ce qui rend un pays démocratique et capable d’offrir prospérité, sécurité et espoir à son peuple, c’est quand il a une société civile active et développée. […]

Les types d’activités représentés ici sont extrêmement importants pour le développement de la Russie et je suis fier de de votre travail. Je trouve qu’il est important pour nous de se rappeler que dans chaque pays – ici en Russie, aux États-Unis et dans le monde entier – le rôle d’un bon gouvernement est de créer un espace pour que la société civile fonctionne sans problème: liberté de la presse, liberté de réunion, que les gens puissent se rassembler et faire cause commune pour les sujets auxquels ils tiennent vraiment.»

Barack Obama a par ailleurs salué Nadezhda Tolokonnikova et Maria Alekhina des Pussy Riot toujours emprisonnées, a souligné Pavel Chikov de l’organisation Agora, également présent à la réunion.

À quelques centaines de mètres de là, des manifestant.e.s pro-droits des LGBT scandaient des slogans contre la loi anti-«propagande gay», arborant des pancartes «Stop à l’homophobie en Russie!» et criant: «Poutine ment!», rapporte Associated Press. La police a assuré leur sécurité et empêché des militant.e.s orthodoxes de s’approcher.

Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté affirmé qu’il avait abordé la question des droits des personnes LGBT avec Vladimir Poutine.

Quelques heures plus tard, à Buenos Aires, où se tiendra dans quelques jours l’élection du nouveau président du Comité international olympique, les organisateurs/trices des Jeux de Sotchi ont continué à clamer qu’il n’y aurait pas de discrimination, indique l’AFP. Alors qu’un membre du CIO s’inquiétait des retombées négatives pour les sponsors des J.O., Dmitry Chernyshenko du comité organisateur lui a rétorqué:

«Il est très important d’avoir votre soutien pour cesser cette campagne et ces spéculations concernant cette question. La loi passée récemment en Russie n’interdit pas l’homosexualité de manière directe ou indirecte, elle ne contredit aucun élément de la charte olympique. Aucun visiteur ne sera affecté par cette loi.»

Il a ajouté que le texte de loi était très clair et que tou.te.s seront les bienvenu.e.s en Russie.