L’Australie votera samedi 7 septembre pour élire son nouveau parlement. Pour l’heure, l’opposition conservatrice, emmenée par Tony Abbott, bénéficie d’une majorité assez large d’intentions de vote, face au Premier ministre actuel, le travailliste Kevin Rudd, revenu au pouvoir en juin dernier après un putsch au sein de son parti qui lui a permis de remplacer celle qui lui avait succédé, Julia Gillard.

Parmi les promesses de campagne essentielles de Kevin Rudd, celle de présenter au plus vite un projet de loi visant à ouvrir le mariage aux couples homosexuels. D’abord opposé à cette avancée, Kevin Rudd n’a de cesse depuis quelques temps de réaffirmer son soutien. Un soutien toujours plus nécessaire, comme l’a montré l’intervention de contre-manifestants lors d’un rassemblement pour l’égalité des droits, dimanche dernier, à Sydney, au cours duquel la police montée a dû intervenir.

Invité de l’émission Q&A sur ABC, lundi soir, Kevin Rudd a saisi l’occasion d’une question posée par un pasteur local, Matt Prater, pour redire l’importance de l’égalité, dans un discours qualifié d’historique par Kerryn Phelps, la première femme – qui plus est lesbienne – à être élue à la tête de la Federal Australian Medical Association (AMA):

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«Puisque vous vous considérez comme chrétien, demande Matt Prater, pourquoi ne croyez-vous pas les paroles de Jésus dans la Bible?» Réponse de Kevin Rudd: «Alors si je devais suivre ce chemin, la Bible dit aussi que l’esclavage est un état naturel. Parce que Saint Paul a dit dans le Nouveau Testament, “esclaves, obéissez à vos maitres”. Nous aurions donc dû tous nous battre aux côtés des confédérés lors de la guerre civile aux États-Unis.»

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«J’ai effectivement changé d’avis il y a 3, 4 ou 5 mois, avant de redevenir Premier ministre, parce que j’ai ressenti en conscience, avec ma conscience chrétienne, que c’était ce qu’il fallait faire, explique Kevin Rudd. Voici pourquoi. Premièrement, je ne crois pas qu’en naissant les gens choisissent leur sexualité. Ils sont homosexuels s’ils sont nés homosexuels. On ne choisit pas à un moment donné si on est comme ci ou comme ça. C’est ainsi que sont faits les gens. Et donc l’idée que cela puisse être un état anormal est tout simplement fausse. (…) Deuxièmement, si on admet qu’il est naturel et normal pour une personne d’être homosexuelle, parce qu’elle est ainsi, il en découle donc que je ne pense pas qu’il soit juste de dire que ces deux personnes qui sont du même sexe et amoureuses l’une de l’autre devraient se voir refuser la reconnaissance légale de leur relation.»