[Mise à jour, 16h40] Le jeu est terminé, merci de votre participation]
A l’occasion de la soirée de rentrée de la Wet For Me le vendredi 6 septembre, Yagg a rencontré Rag du collectif Barbi(e)turix. L’occasion de faire le bilan du groupe qui soufflera bientôt ses 10 bougies, discuter soirées et visibilité de la communauté lesbienne à Paris.

«PARTIES DE RIEN»
Une décennie de soirées, donc. «Nous aurons dix ans au printemps prochain, explique Rag. On a déjà commencé à réfléchir à ce qu’on pourrait faire pour fêter ça, on aimerait préparer un événement plus important, comme un mini festival, avec par exemple une expo pour faire revenir tout.e.s les artistes et inviter plus de groupes aussi.» Car la Wet For Me n’a pas toujours été la soirée que l’on connaît à la Machine du Moulin Rouge: «Réussir à monter une soirée lesbienne dans un des plus gros clubs parisiens, à la base, c’était loin d’être gagné! Aujourd’hui, nous sommes crédibles, les promoteurs nous connaissent, mais c’est quelque chose qui nous a pris du temps.» Et il est certain que les organisatrices ont fait du chemin depuis leurs premières soirées dans le sous-sol du Troisième Lieu et les soirées Clito Rise à la Flèche d’Or: «On est vraiment parties de rien, on a dû se battre pour avoir de la crédibilité, assure Rag. À l’époque de nos débuts, c’était la mode de l’électroclash, on était juste une bande de filles qui s’entendaient bien et qui se retrouvaient.»

NOMBREUSES ET MOTIVÉES MAIS…
Et depuis, les soirées Wet For Me ont réussi à se faire connaître en dehors de la communauté lesbienne parisienne: «Des garçons aussi viennent à nos soirées, les copains gouins comme on les appelle.» Mais les filles de Barbi(e)turix font aussi le constat que le milieu lesbien peine aujourd’hui à se trouver des lieux communautaires: «Avant, on avait un peu le choix entre les quelques lieux lesbiens qu’on trouvait à Paris. Aujourd’hui, on n’a presque plus rien, déplore Rag. Il y a beaucoup de lesbiennes, mais il ne se passe pas grand chose. On voit des petits groupes, des collectifs qui se bougent, on est nombreuses, motivées… mais je crois qu’il nous manque des lieux pour canaliser toute cette énergie.»

SOLIDARITÉ
Il n’y a pas que les Wet For Me au coeur des préoccupations des Barbi(e)turix, l’actualité de ces derniers mois a évidemment été source d’engagement: «On a vécu une année intéressante, constructive, du point de vue de notre comportement face à l’homophobie, face à ceux/celles qui ont manifesté contre nos droits, mais aussi entre nous. Beaucoup de collectifs, dont Barbi(e)turix se sont investis dans la mobilisation pour l’ouverture du mariage et de l’adoption. Pour ma part, j’ai vu qu’il y avait une forme de solidarité qui se mettait en place, avec nos copains gays qui nous soutiennent pour la PMA, par exemple.»

WET FOR ME LOIN DE PARIS
La Wet For Me, un concept de soirée parisiano-parisienne? Les organisatrices songent-elles désormais à aller voir les lesbiennes de province, elles aussi en mal de lieux et de structures dans la majeure partie des grandes villes? «On est sollicitées, mais c’est un manque de temps et de moyens, malheureusement. Pourtant on aimerait bien» affirme Rag.

Jouez sur Yagg et gagnez des places pour la Wet For Me du vendredi 6 septembre, avec Louisahhh!!!, Psycho Delia, Acid Arab, Rag et DJ Low. Pour gagner, écrivez à jeux@yagg.com, avec «Wet For Me» comme objet du message. Indiquez votre nom, prénom, ainsi que votre adresse postale. Bonne chance!