Un jeune manifestant pourrait devenir le premier Russe à tomber sous le coup de la loi fédérale sur la «propagande gay». Dmitry Isakov, âgé de 24 ans, a été arrêté par la police à Kazan, pour avoir fait la «promotion des relations sexuelles non traditionnelles»: le 30 juin dernier, juste après la promulgation de la loi par Vladimir Poutine, le jeune homme se tenait dans la rue avec une pancarte où il était écrit: «Être homo et aimer les homos, c’est normal. Les frapper et les tuer est un crime!» Dmitry Isakov avait alors été arrêté le 1er juillet par la police, aidée de ses propres parents. Il avait été violemment frappé par les autorités, avant d’être relâché le lendemain.

DU VRAI MILITANTISME
Aujourd’hui, c’est un adolescent russe de la province de l’Arkhangelsk qui aurait porté plainte contre lui, forcé par son père, après être tombé sur une photo de Dmitry Isakov prise lors de sa manifestation et postée sur le réseau social VKontakte. Preuve est donc désormais faite que la loi fédérale est suffisamment vague pour s’appliquer à la diffusion en ligne de la «propagande homosexuelle». Dans l’équipe qui le défendra, on retrouve le militant des droits des LGBT Nikolai Alekseev: «Cette affaire est maintenant à la cour suprême du Tatarstan. C’est du vrai militantisme, il ne s’agit pas de gâcher de la vodka russe ou de boycotter les Jeux Olympiques.» Contrairement à de récentes déclarations, Nikolai Alekseev ne s’est pas retiré du militantisme et a l’intention de continuer à s’occuper de plusieurs affaires judiciaires en cours, comme il l’a précisé lors d’un débat sur RT samedi dernier.

Dmitry Isakov encourt une amende pouvant atteindre les 5000 roubles, soit environ 110 euros.

Photo Dmitry Isakov