Dans une interview au Daily Beast, Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, les deux actrices principales du film La Vie d’Adèle, sont revenues sur leur expérience de tournage auprès du réalisateur Abdellatif Kechiche. Une expérience enrichissante, mais longue, et parfois pénible, que les deux jeunes femmes racontent aujourd’hui sans détours. Extraits:

Adèle Exarchopoulos: «Il nous a prévenues que nous allions devoir lui faire confiance – aveuglément – et donner beaucoup de nous-mêmes. Il allait faire un film sur la passion, donc il voulait des scènes de sexe, mais pas chorégraphiées – un peu comme des scènes de sexe spéciales. Il nous a dit qu’il ne voulait pas cacher la sexualité des personnages, parce que c’était une partie importante de toute relation. Alors il m’a demandé si j’étais prête, et j’ai dit “Oui bien sûr!” parce que je suis jeune et un peu nouvelle dans le cinéma. Mais une fois sur le tournage, j’ai compris qu’il voulait vraiment qu’on lui donne tout. La plupart des gens n’oserait même pas demander ce qu’il a demandé, et ils sont plus respectueux – on est rassurés pendant les scènes de sexe, elles sont chorégraphiées, ce qui désexualise l’acte.»

La fameuse scène de sexe qui a déjà fait couler beaucoup d’encre, a été tournée en 10 jours, d’après les actrices. Mais au-delà de ce challenge, des scènes plus classiques ont été tout aussi fatigantes à faire… notamment à cause des humeurs du réalisateur:

Léa Seydoux: «Nous avons passé des semaines à tourner. Même traverser la rue était difficile. Dans la premières scène où l’on se croise, et où c’est le coup de foudre, cela dure 30 secondes, mais on a mis une journée à la tourner – plus de 100 prises. À la fin, je me souviens que j’avais des vertiges et je ne pouvais plus m’asseoir. Et à la toute fin, Kechiche est entré dans une colère noire car après 100 prises, j’ai marché vers Adèle et j’ai un peu rigolé, car nous avions marché pour faire cette scène toute la journée, c’était vraiment trop drôle. Et Kechiche est devenu fou au point de prendre le petit moniteur dans lequel il regardait et l’a jeté dans la rue, en hurlant: “Je ne peux pas travailler dans ses conditions!”»

Adèle Exarchopoulos: «On était genre “Désolées, on l’a fait 100 fois, on a juste ri une fois.” C’était un vendredi, on avait envie de rentrer à Paris et de voir nos familles, mais il n’allait pas nous lâcher. Moi, je prenais tout le temps le train en secret pour voir mon copain.»

Un réalisateur prompt à s’énerver, donc. Et presque violent sur certaines scènes difficiles:

Adèle Exarchopoulos: «Dans la scène de bagarre, c’était horrible. Elle m’a frappé tellement de fois, et Kechiche criait “Tape-la! Tape-la encore!”»

À la question «Voudriez-vous retravailler pour Abdellatif Kechiche», la réponse est sans appel:

Léa Seydoux: «Jamais.»
Adèle Exarchopoulos: «Je ne crois pas.»

À lire sur The Daily Beast.