[mise à jour, 19 août, 12h16] Ajout de la réaction du Paris Foot Gay.

Si les Jeux olympiques de Sotchi sont actuellement sous le feu de la pression internationale, un autre grand événement sportif suscite déjà des craintes pour la sécurité des sportifs et des spectateurs LGBT ou gay-friendly. En 2010, la Russie a été nommée pour organiser la Coupe du monde de football de 2018. Tout comme l’a fait le CIO, la FIFA a donc demandé des explications à la Russie concernant la loi sur la «propagande homosexuelle» et sur son application dans le cadre d’événements comme la Coupe du monde. Selon la fédération sportive, «la Russie s’est engagée à fournir aux visiteurs et aux fans un accueil chaleureux et à assurer leur sécurité. La FIFA attend bien que les hôtes de la Coupe du monde tiennent leur promesse.» En outre, dans les statuts de l’organisation, il est clairement inscrit qu’aucune discrimination ne saurait être tolérée:

«Article 3: Toute discrimination d’un pays, d’un individu ou d’un groupe de personnes pour des raisons d’ethnie, de sexe, de langue, de religion, de politique ou pour toute autre raison est expressément interdite, sous peine de suspension ou d’exclusion.»

Bien entendu, quand la FIFA se pose des questions, la Russie s’empresse de rassurer. Mais le directeur général du Comité organisateur local de la Coupe du Monde de 2018 s’est montré bien plus précis dans ses explications. Pour Alexei Sorokin, ces inquiétudes qui agitent déjà pour les Jeux de Sotchi 2014 ne sont fondées que sur de mauvaises interprétations de la loi interdisant la «promotion des relations sexuelles non-traditionnelles auprès des mineurs»: «La loi a été faite pour lutter contre la propagande active de l’homosexualité, pas contre l’homosexualité en elle-même, a-t-il nuancé dans une interview auprès du World Football Insider. C’est une grande différence. Aimeriez-vous une Coupe du Monde où des gens nus courent partout en affichant leur homosexualité? La réponse est assez évidente. Les Jeux olympiques et la Coupe du Monde ne sont pas une tribune pour exprimer des opinions… ni pour les Nazis, ni pour aucun mode de vie. Il s’agit de football et de rien d’autre.» Nous voilà donc rassuré.e.s. Pour information, le comité organisateur local du tournoi est piloté par un comité de surveillance dirigé par Vladimir Poutine et où siège aussi le ministre des Sports Vitaly Mutko. La FIFA aura-t-elle aussi entendu la comparaison du Directeur du comité organisateur entre le nazisme et l’homosexualité, ou se sera-t-elle contentée de la promesse d’un «accueil chaleureux» pour 2018? Et qu’en sera-t-il à l’approche de la Coupe du Monde de 2022, qui sera accueillie au Qatar, pays où l’homosexualité est illégale?

«Le Comité olympique, la FIFA et les autres instances décisionnaires de l’attribution de l’organisation des grands événements sportifs internationaux doivent impérativement inscrire le respect intégral des droits de l’Homme comme condition indéfectible aux candidatures, a commenté le Paris Foot Gay dans un communiqué. En conséquence, nous appelons la FIFA à prendre la même position vis-à-vis du Qatar qui organisera la coupe suivante, en 2022 et où l’homosexualité est réprimée d’une manière encore plus grave qu’en Russie.

«Rappelons que, jusqu’à maintenant, la seule position de la FIFA, vis-à-vis des joueurs ou supporters LGBT de la Coupe du monde au Qatar se borne à une boutade lamentable de son président Joseph Blatter qui avait argué que ceux-ci devraient “se passer de sexe”.»

Photo Aborisov