L’Onusida, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, tape du poing sur la table. Il se dit «profondément préoccupé par la réintroduction d’un Décret sanitaire en Grèce qui pourrait entraîner des violations des droits de l’Homme et empêcher les individus d’accéder aux services de lutte contre le VIH.»

DÉCRET TRÈS CONTROVERSÉ
Fin juin, le gouvernement grec a réintroduit un décret très controversé, puisqu’il autorise le dépistage obligatoire pour certaines populations, notamment les travailleurs/euses du sexe et les migrant.e.s. De très nombreuses associations grecques se sont élevées contre cette approche répressive de la santé publique. L’association LGBT Homophonia a dénoncé cette mesure en adressant une lettre ouverte au ministre de la Santé: «La protection n’est pas assurée par le châtiment des personnes séropositives, mais avec la mise en œuvre de programmes intégrés contre le VIH/SIDA, avec l’introduction de l’éducation sexuelle dans les écoles, et des campagnes régulières de la population».

L’Onusida insiste sur l’aspect contreproductif de la répression: «Rien ne prouve que les approches répressives – en particulier celles qui ciblent des membres des populations clés – soient efficaces pour agir contre le VIH. Bien au contraire, de telles mesures dissuadent les personnes les plus touchées par le virus d’accéder aux services salvateurs de prévention et de soins concernant le VIH.»

«DES RÈGLES FONDÉES SUR LE DROIT»
Introduit initialement en avril 2012, le Décret sanitaire avait conduit à l’arrestation de plusieurs professionnelles du sexe qui furent détenues, testées pour le VIH, et poursuivies en justice. Leurs photos avaient même été publiées par la police. Devant le tollé, le Décret avait été abrogé mais il revient aujourd’hui. «L’Onusida prie instamment les autorités grecques d’abroger le Décret sanitaire et d’entamer un dialogue avec des experts de la santé, des organisations de la société civile et autres parties prenantes concernées afin d’élaborer des règles de santé publique appropriées, éclairées par des données probantes et fondées sur les droits.» On se saurait être plus clair. Nul ne sait quelle sera la réponse du gouvernement.