[mise à jour, 16h25] Précision sur la Catalogne (réseau de santé public).

Après l’annonce du conseil interterritorial de Santé, qui dépend du gouvernement espagnol, de réserver le remboursement de l’assistance médicale à la procréation (AMP, aussi appelée procréation médicalement assistée, PMA) aux «femmes stériles», les communautés autonomes commencent à se faire entendre.

Ainsi, la Communauté autonome basque (CAB) a-t-elle l’intention de ne pas tenir compte de cette décision. «Dans le domaine de la reproduction assistée, nous sommes convaincus que ce thème est un thème qui relève de l’éthique et pas de la santé», estime Jon Darpón, conseiller du département de la Santé du gouvernement de la CAB, cité par Le Journal du Pays basque. «Il y a plusieurs types de familles aujourd’hui dans la société basque: les traditionnelles homme/femme, celles formées par des personnes de même sexe et les familles monoparentales».

De même, la ministre de la Santé et des Affaires sociales d’Andalousie, Maria Jesus Montero, a très vite réaffirmé que les femmes seules et les couples lesbiens ne seraient pas exclus des listes d’attente et qu’elle faisait confiance aux professionnel.le.s et à leur «bon sens».

En Catalogne, depuis 2011, l’accès à la PMA dans les hôpitaux publics, est restreint aux seuls couples hétérosexuels stériles. Un rassemblement était organisé le 24 juillet, au lendemain de rassemblements similaires dans d’autres régions, devant la Generalitat de Catalogne, pour réclamer le rejet de la décision du gouvernement espagnol et demander à la Catalogne de revenir sur l’interdiction faite aux couple lesbiens et aux femmes seules. Le Parlement catalan a d’ailleurs approuvé une résolution du parti indépendantiste Candidature d’unité populaire (CUP), qui exhorte le gouvernement à autoriser la PMA à toutes les femmes.

La décision du conseil interterritorial de Santé a reçu le soutien des ultra-catholiques du Forum de la Famille, mais a été très critiquée à gauche et par les associations LGBT. Dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé, des Services sociaux et de l’Égalité Ana Mato, la Federación Estatal de Lesbianas Gais Bisexuales y Transexuales (FELGTB) souligne que la Haute Cour de la Principauté des Asturies a, en avril dernier, estimé que le conseil de la Santé avait fait preuve de discrimination envers une femme lesbienne dans les mêmes conditions que celles que défend désormais le ministère.

Photo via Facebook (manifestation du 22 juillet à Madrid)