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Culture & Loisirs, Sport, Terrains de Jeux | 26.07.2013 - 17 h 56 | 5 COMMENTAIRES
Terrains de Jeux: Sommets et creux de vagues
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Sotchi divise les athlètes mais le CIO est optimiste, les femmes veulent faire le Tour de France, Lindsey Vonn prépare son retour, Martina Navratilova s'inquiète du réchauffement climatique…

LA DÉCLARATION DE LA SEMAINE
«Pour le Comité International Olympique, le sport est un droit de l’homme qui devrait être accessible à chacun, indépendamment de sa race, de son sexe ou de son orientation sexuelle. Les Jeux devraient eux aussi être ouverts à tous – spectateurs, officiels, médias et bien sûr athlètes – sans discrimination d’aucune sorte. Nous sommes fermement opposés à toute manœuvre visant à porter atteinte à ce principe.» Telle est la position du Comité international olympique, interpellé par des associations de lutte pour les droits humains et des médias, à quelques mois des Jeux olympiques d’hiver, qui se tiendront du 7 au 23 février à Sotchi, en Russie, où des lois limitant les droits des LGBT viennent d’être votées.

«Comme vous le savez, cette loi vient juste d’être votée. La question se pose maintenant de savoir si et comment elle sera appliquée, en particulier s’agissant des Jeux à Sotchi. Ce que nous pouvons faire, en tant qu’organisation sportive, est de veiller à ce que les Jeux se déroulent sans discrimination à l’encontre des athlètes, des officiels, des spectateurs et des médias. À cette fin, le CIO a reçu l’assurance du plus haut échelon du gouvernement russe que la loi n’affecterait pas ceux qui assisteront ou participeront aux Jeux.»

Ce n’est pas assez pour Harvey Fierstein qui estime dans une tribune publiée par le New York Times, le 21 juillet, que le CIO doit exiger l’abolition de ces lois sous peine de boycott». Le dramaturge qui s’inquiète du silence du monde après la promulgation de ces lois estime que «le président des États-Unis et d’autres chefs d’état devraient s’élever contre les attaque de M. Poutine et les violences qu’elles engendrent».

Les avis sont partagés chez les athlètes LGBT. En mars, avant le vote des lois, le patineur américain Johnny Weir, qui tente de se qualifier pour Sotchi, avait indiqué qu’il fallait faire profil bas, une analyse surprenante pour l’athlète haut en couleurs, marié au juriste d’origine russe Victor Voronov; ou encore Matthew Mitcham: le plongeur australien a répondu, le 13 juillet, à une question sur Twitter: «Les athlètes et les touristes ne seront pas menacés tant qu’ils respectent les lois russes, si draconiennes soient-elles. Pas de marques d’affection en public/rainbow flags».

Pas d’accord, mais alors pas du du tout d’accord pour Blake Skjellerup. Le patineur de vitesse néo-zélandais ouvertement gay a multiplié les déclarations das lesquelles il explique qu’il ira comme il est: «La personne que je suis maintenant est la personne que je suis vraiment et que je serai toujours. Je ne vais pas baisser d’un ton ou changer qui je suis, juste parce que je suis dans un pays différent. Si cela m’attire des ennuis… qu’il en soit ainsi.» Il compte d’ailleurs bien porter un badge arc-en-ciel et encourage les autres athlètes à faire de même. Un geste que le Conseil LGBT québecois encourage vivement, à l’aide d’une pétition.

Weir et Skjellerup sont d’accord sur un point: il ne faut pas boycotter les Jeux olympiques. Le premier a publié un billet enjoignant les États-Unis à ne pas arriver à cette extrémité.

Boycott, pas boycott? Le débat est récurrent dans le monde du sport. En 1976, quelques heures avant l’ouverture des JO de Montréal, 27 nations africaines avaient quitté la ville pour protester contre la présence de la Nouvelle-Zélande dont l’équipe nationale de rugby avait disputé un match contre l’Afrique du Sud interdite de compétitions sportives en raison de sa politique d’apartheid. En 1980, 50 pays, dont les États-Unis, ne s’étaient pas rendus aux Jeux de Moscou en 1980 en raison de l’invasion des troupes soviétiques en Afghanistan un an auparavant. Quatre ans plus tard, l’URSS et nombre de ses alliés avaient refusé de se rendre à Los Angeles.

LA FINALE DE LA SEMAINE
La finale de l’Euro 2013 de football opposera l’Allemagne et la Norvège, dimanche 28 juillet, à 16 heures. Mercredi, les Allemandes avaient battu la Suède (1-0). Victorieuses aux tirs au but, lundi en quart de finale contre la France, les Danoises les ont, jeudi soir, perdus contre la Norvège (1-1 après prolongation, 4 t-a-b à 2). Quintuple tenante du titre, l’Allemagne connaît bien le chemin vers le trophée. La Norvège qui figure également au palmarès de l’Euro (1987-1993) est l’équipe invitée surprise de cette finale 2013 et plus si possible face à une formation allemande en solide reconstruction.

Sur le site de l’Union européenne des associations de football (UEFA), un décryptage de la défaite en quart de finale de l’équipe de France mesure le chemin et porte un regard sur l’avenir. Un article justement titré «C’est quand le bonheur?».

LA COMPÉTITION DE LA SEMAINE
Aux championnats du monde de natation, au tour de la course en ligne de se joindre à la compétition, à Barcelone, à partir de dimanche. L’équipe de France plonge avec des visages jeunes mais déjà roués aux podiums mondiaux, ainsi Camille Muffat ou Florent Manaudou, un an après la retraite post-olympique d’Alain Bernard, Laure Manaudou ou Hugues Duboscq. Barcelone vit également l’après-Michael Phelps, l’un des plus grands nageurs de l’histoire, parti après les Jeux de Londres 2012 et qui écumait les bassins mondiaux et olympiques depuis 2001. Parmi les nations attendues, l’Australie. En V.O, les chances aussies vues par The Telegraph.

LE RAPPORT DE LA SEMAINE
Six mois de travail, de nombreuses auditions pour le rapport très attendu par le monde sportif notamment, de la commission d’enquête du Sénat sur l’efficacité de la lutte contre le dopage. À l’arrivée, de vraies solutions pour une meilleure lutte contre ce fléau au terme d’une enquête approfondie, costaud de plusieurs mois (bien au-delà de l’écume d’abord révélée par certains médias sur les noms de coureurs qui ont déclaré s’être dopés).

Un excellent article d’Eurosport fait le tour de la question en 30 points, sinon, le rapport de 238 pages est en ligne sur le site du Sénat.

Ancienne ministre de la Jeunesse et des Sports et aussi de la Santé du gouvernement Fillon, Roselyne Bachelot, invitée, mercredi 24 juillet, de France Info déclare qu’il faut poursuivre sans relâche la interdiction et la lutte contre le dopage, la seule voie, selon elle.

 LA SANCTION DE LA SEMAINE
Viktor Troicki a été suspendu, jeudi 25 juillet, de toute compétition pendant 18 mois par la Fédération internationale de tennis (ITF). Le joueur de tennis serbe avait refusé de subir une prise de sang lors d’un contrôle antidopage au tournoi de Monte-Carlo en avril. Viktor Troicki «a fourni un échantillon d’urine mais pas d’échantillon sanguin. Il a expliqué à un tribunal indépendant que la responsable du contrôle antidopage (DCO) lui avait assuré qu’il pouvait se dispenser de fournir un échantillon car il ne se sentait pas bien, a indiqué l’ITF dans un communiqué. Cependant, le tribunal a conclu que «la DCO (…) ne lui avait pas donné de telles assurances» et l’ITF en a conclu que la décision du joueur constituait un «refus». Viktor Troicki va faire appel devant le tribunal arbitral du sport.

L’ARRIVÉE DE LA SEMAINE
Bryan Habana est l’une des recrues du RC Toulon pour la saison de championnat de France (Top 14) 2013-2014. Le Sud-africain n’est pas n’importe qui: il est notamment le détenteur du record d’essais (50) en équipe nationale. Il n’y a d’ailleurs marqué ses points qu’à la main. Élu meilleur joueur du monde 2007, élu meilleur joueur d’afrique du Sud en 2012, il reste l’un des plus grands ailiers du monde, comme l’illustre cette vidéo de ses plus beaux essais:

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur ‪Bryan Habana Tribute‬

LES MÉDAILLES DE LA SEMAINE
Neuf médailles pour la France (3 or, 2 argent, 4 bronze), jeudi soir, aux championnats du monde handisport d’athlétisme à Lyon. Marie-Amélie Le Fur, déjà médaillée d’argent au saut en longueur, a fait de même sur le 100 mètres. Déjà championne paralympique du 100 mètres en 2012 (catégorie hémiplégique), Mandy François-Elie est devenue championne du monde de la ligne droite. Espoir de l’athlétisme, victime d’un accident vasculaire cérébral en 2008, elle a, après une intense rééducation, pris sa licence handisport en 2011. Cinq ans plus tard, la voici donc au sommet.

LA VIDÉO DE LA SEMAINE
Coup de chapeau aux femmes athlètes de haut-niveau dans ce clip réalisé pour les besoins d’un fabricant de vêtements de sport:

http://youtu.be/NMs7GVtfIIs

Si le lecteur ne s’affiche pas, cliquez sur Women are Awesome — Hot Edition 2013 HD

LA PÉTITION DE LA SEMAINE
Gros succès pour une pétition appelant à ouvrir le Tour de France aux équipes féminines. La dernière épreuve du genre date de 1984. Portée notamment par la championne britannique Emma Pooley, dernière lauréate de la Grande boucle féminine (anciennement Tour de France féminin) en 2009, et Marianne Vos, double championne olympique aux nombreuses couronnes mondiales: «Nous ne cherchons pas à courir contre les hommes, mais à avoir notre propre domaine professionnel fonctionnant en conjonction avec l’événement des hommes, en même temps, sur les mêmes distances, les mêmes jours, avec des modifications dans les heures de départ et d’arrivée de la course pour que les coureurs d’un sexe n’interfèrent pas avec ceux de l’autre, indique le texte de la pétition. La course sur route féminine aux Jeux olympiques de Londres a été une vitrine pour montrer à quel point le cyclisme féminin peut être impressionnant, passionnant, et divertissant. Le Tour des Flandres et la Flèche wallonne font tous deux concourir avec succès les hommes et les femmes les mieux classés sur une même course le même jour».

L’organisation du Tour de France a indiqué dans un entretien à Bloomberg qu’elle va se pencher sur la question, mais estime que la tenue d’une compétition en 2014 est prématurée. Pas avant 2015, au mieux.

LE PORTRAIT DE LA SEMAINE
Après la photo façon athlète en or, Lindsey Vonn a une nouvelle fois les honneurs de l’objectif d’Annie Leibovitz pour l’édition américaine de Vogue: une photo glamour, l’autre plus épurée. La skieuse américaine qui poursuit sa convalescence est également brossée en portrait-entretien. Athlète exigeante, arrêtée net dans sa trajectoire de nomade du haut-niveau pour la première fois depuis son adolescence. En ce moment, Linsdey Vonn est plutôt nomade du golf, aux côtés de son boy-friend Tiger Woods, parallèlement à la rééducation de son genou droit et la reconstruction des jambes et du corps pour à nouveau épouser la vitesse. Retour sur les skis au Chili en septembre avant de retrouver la Coupe du monde en octobre.

LE NAVRATILOTWEET DE LA SEMAINE
Impressionnante vidéo proposée par le Huffington Post partagée par Martina Navratilova sur le changement climatique vu par la web cam placée au Pôle Nord:

Suivez Bénédicte Mathieu sur Twitter: benedicteliesse

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LES réactions (5)
  • Par cat 26 juil 2013 - 18 H 54
    Avatar de cat

    c’est un immense aillier en effet !

    (il y a une coquille dans la première partie : une analysé surprenante)

     
  • Par Pelle Svanslös 26 juil 2013 - 22 H 37
    Avatar de Pelle Svanslös

    A partir du moment où le CIO s’est entièrement renié en acceptant la participation de femmes voilée aux jeux (ce qu’interdit formellement la charte olympique sur laquelle le CIO s’est joyeusement assis) sous le prétexte fallacieux que le voile était un signe culturel et non un signe religieux (comme d’habitude plus le mensonge est gros plus il a de chance d’être gobé), il n’y a aucune raison valable pour refuser des badges arc-en-ciel qui sont aussi des signes culturels (en tous les cas au moins aussi culturel qu’un voile islamique). Mais soyons réalistes, le voile religieux a été imposé au monde sportif, et au monde entier, par les pétrodollars des émirats. Le badge arc en ciel, pour le coup véritablement culturel et qui ne peut pas être soupçonné d’être religieux, n’a que très peu de chance d’être vu aux jeux car les athlètes qui oseraient le porter ne seront pas soutenus par de riches théocracies ; et comme il ne s’agit que d’une question de droits de l’homme et pas de religion, un boycott paraît extrêmement improbable. En définitive les athlètes qui oseraient porter un badge arc en ciel non seulement seront seuls (sans le soutien de leur pays ou de leur délégation) mais en plus mal vus par un grand nombres de pays hostiles dont la Russie. Je ne sais pas si il y aura un seul athlète pour oser cela, mais s’il y en a un, celui là sera sacrément courageux!!!

     
    • Par SG70 27 juil 2013 - 7 H 35
      Avatar de SG70

      A mon avis Blake Skjellerup le fera, et ce ne sera pas le seul, mais cela restera une infime minorité à compter sur les doigts d’une seul et unique main….
      Et en définitive la seule conclusions valable c’est que Poutine aura gagné….
      On ne lutte pas contre le gaz Russe, les relations diplomatiques, la mondialisation, etc…
      De toute façon le JO sont déjà souvent synonyme de catastrophe écologique alors en faire aussi une vitrine homophobe après tout why not….

       
    • Par Pelle Svanslös 27 juil 2013 - 16 H 28
      Avatar de Pelle Svanslös

      J’espère qu’il le fera. Il a l’air bien décidé, mais pour l’instant il ne subit pas de pression. Quand la pression se fera sentir aura-t-il le courage de résisetr?

       
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