Après le refus des juges de retirer l’accusation de «collusion avec l’ennemi», les soutiens de Bradley Manning continuent de se mobiliser.

Sous le titre «We are all Bradley Manning», de nombreuses personnalités et inconnu.e.s, dont Tom Morello, Noam Chomsky ou encore Joan Baez, ont apposé leur nom sur une pleine page de publicité publiée dans le New York Times ce jeudi 25 juillet. Ils et elles y expriment leur volonté de défendre celui qu’ils et elles érigent en champion de la liberté. L’appel aux dons lancé pour financer cette page a été plus que couronné de succès, puisque 64000 dollars (environ 48300 euros) ont été récoltés pour 48000 dollars (environ 36300 euros) nécessaires. Le surplus a été consacré à la défense du jeune militaire, actuellement jugé par une cour martiale.

Si la lettre ouverte insiste sur la recherche de vérité et l’honnêteté du jeune soldat, elle rappelle aussi son appartenance à la communauté LGBT. Il y est qualifié de «soldat de 25 ans originaire d’Oklahoma et ouvertement gay». Cette précision n’est pas présente dans une première version du texte, mais y a été ajoutée à la suite de commentaires sur le site officiel des soutiens du lanceur d’alerte.

La question du genre et de l’orientation du militaire s’est posée à plusieurs reprises au cours des trois dernières années. Des échanges avec l’ancien hacker Adrian Lamo, celui qui l’a dénoncé au FBI, ont révélé dès 2010 que Bradley Manning s’interrogeait sur son identité de genre «depuis plusieurs années» et qu’en revanche son «orientation sexuelle a été facile à définir». Il a par ailleurs envoyé la même année deux lettres signées «Breanna Manning» depuis son lieu de détention à Quantico. C’est en partie pour cette raison que certain.e.s ont voulu – en vain – le faire devenir parrain de la gay pride de San Francisco et que la marche des trans’ de la même ville a décidé de l’honorer lors de son défilé du 28 juin. Un hommage au cours duquel la source de Wikileaks a été désigné par son prénom et pronom masculins. En effet, d’après ses proches soutiens en lien avec la marche des trans’, Bradley Manning se définirait aujourd’hui encore comme un homme gay.

Photo United States Army