Dans une déclaration vendredi 19 juillet à la télévision, le porte-parole du gouvernement camerounais et ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, a affirmé que «le gouvernement camerounais saura prendre ses responsabilités partout où cela s’imposera, afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire, mais dans la stricte limite du respect de l’indépendance de la justice» sur le meurtre d’Eric Lembembe, rapporte le site camerounais La nouvelle expression. «Il n’y a aucun complot d’État, ni même aucun complot social au Cameroun, qui serait dirigé vers les homosexuels», a-t-il ajouté, soulignant que «de nombreux activistes qui, au grand jour, traitent des questions de l’homosexualité sous un angle favorable, corporatiste ou même promotionnel sur le territoire national, ne sont jamais inquiétés, ni par les forces de sécurité, ni par la justice, alors même que, promouvoir une activité frappée d’illégalité, constitue en soi un délit, qui aurait justifié des actions de répression contre de tels agissements».

Le porte-parole du gouvernement, qui dénonce «une tentative insidieuse [des médias occidentaux] pour faire porter la responsabilité de cet état de choses au gouvernement», répondait aux accusations de plusieurs ONG et des avocat.e.s de la famille du militant tué la semaine dernière (lire Mort d’Eric Lembembe: Réaction de la France et mise en cause de la police).

Interviewée par RFI samedi, Alice Nkom, l’une de ces avocates, a réitéré sa crainte que la police bâcle l’enquête, et que ce meurtre ne soit que le premier:

Alice Nkom, présidente de l’Adefho

(05:07)

 
 

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«On doit pouvoir identifier les coupables, et on doit pouvoir les juger et les punir conformément aux lois de la République, dit-elle. Mais c’est mal parti parce que c’est l’autorité, c’est l’État qui est chargé de la protection des individus et de leurs biens. Si on n’a pas ce rempart de l’État derrière et avec nous, il y a des chances que ce crime ne soit jamais jamais sanctionné.»

«Pour l’instant, nous  cherchons à répertorier les derniers appels téléphoniques que la victime a reçus avant sa mort, a indiqué un enquêteur au quotidien camerounais Le Jour. Nous avons déjà entendu certains amis de la victime avec lesquels il a passé les derniers moments. Nous restons sur l’hypothèse d’un crime. Nous  considérons que les auteurs courent toujours.»

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