À la veille de la Marche qui doit mettre un terme à l’Europride de Marseille, l’Association organisatrice de l’Europride (EPOA) a publié ce vendredi 19 juillet un communiqué de presse en réaction «aux problèmes qui persistent». Une réunion a eu lieu hier à Marseille, rassemblant les organisations membres, dont la LGP. L’association à qui l’EPOA a dévolu la licence pour organiser l’Europride cette année a fait son mea culpa, reconnaissant «des lacunes majeures dans la politique de communication et d’information».

DES RIVALITÉS DÉJÀ CONNUES
Pour expliquer les difficultés rencontrées cette année par la manifestation, l’EPOA pointe du doigt «une communauté peu encline à recevoir des conseils» et un «manque de coopération». L’organisation désigne en fait les divisions qui agitent le tissu associatif LGBT à Marseille depuis plusieurs années. Des représentant.e.s de l’EPOA se sont rendu.e.s dans la cité phocéenne à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée pour tenter de calmer le jeu et de concilier les protagonistes des luttes intestines. En vain. Auraient-ils/elles choisi Marseille en ignorance de cause? «Il n’est pas inhabituel qu’il y ait des rivalités au sein de villes, analyse Robert Kastl, coordinateur média de l’EPOA. Mais jusqu’ici, nous avions toujours apaisé les communautés. Nous avons rencontré ces gens en personne, mais cela n’a pas eu les effets escomptés.»

Les problèmes survenus ensuite découleraient de cette mésentente antérieure à l’Europride. «Il n’y a pas de coupable, assure Robert Kastl, mais les conflits récurrents ont pu décourager les gens de venir. Les participant.e.s à l’Europride veulent s’amuser et tout ce qu’on a entendu depuis plusieurs mois, ce sont les antagonismes, ce qui a eu des conséquences dramatiques.» L’EPOA veut tout de même se réjouir: «La Marche n’a pas été annulée et aura quand même lieu. Ce ne sera pas la meilleure Europride, mais tout le monde tirera des leçons de ce qui s’est passé à Marseille.» Le concert de clôture a finalement été annulé, au profit «de plus petites activités». L’EPOA a demandé à l’ensemble de la communauté LGBTIQ de la ville de «mettre de côté ses différends personnels, au moins pour ce week-end».

«RECUL»
Après avoir présenté ses excuses hier, Suzanne Ketchian aurait été hospitalisée après un malaise, selon Robert Kastl. Stéphane Corbin, qui a coordonné l’organisation de la marche de l’Europride aux côtés de Suzanne Ketchian, indique pourtant qu’il n’en est rien. «On lui a demandé de prendre du recul et de se mettre au repos, précise-t-il à Yagg. Tous les bénévoles et l’équipe d’organisation sont dans l’action.»

L’EPOA se réunira à la fin du mois de septembre et procèdera à une évaluation définitive de cette Europride d’ici la fin de l’année.

Photo Facebook

Suivez Julien Massillon sur Twitter: JulienMsln