Le militant gay camerounais Eric Ohena Lembembe a été assassiné chez lui à Yaoundé. Il était le directeur exécutif de la Fondation camerounaise pour la lutte contre le sida (CAMFAIDS) et contribuait régulièrement au blog Erasing 76 crimes, où il dénonçait encore récemment l’homophobie qui règne dans son pays et les intimidations dont sont victimes les militants pro-LGBT. Comme le rapporte l’association Human Rights Watch, sa mort a été particulièrement violente:

«Des amis d’Éric Lembembe ont découvert son corps sans vie lundi soir, après avoir tenté sans succès de le joindre au téléphone pendant deux jours et avoir décidé de se rendre à son domicile. Ils ont trouvé la porte d’entrée cadenassée de l’extérieur mais par la fenêtre, ils ont vu son corps étendu sur son lit. Ils ont alors alerté la police, qui a forcé la porte d’entrée. Selon un de ses amis, Éric Lembembe avait apparemment le cou et les pieds brisés et son visage, ses mains et ses pieds avaient été brûlés avec un fer à repasser.»

NOMBREUSES RÉACTIONS
Ce meurtre suscite de nombreuses réactions dans le monde entier. Toutes appellent le président Paul Biya à condamner le meurtre et à arrêter rapidement les meurtriers.

Ainsi, le département d’État américain (l’équivalent du ministère des Affaires étrangères) a officiellement condamné le meurtre et «presse les autorités camerounaises à rapidement et efficacement mener une enquête et poursuivre ceux qui sont responsables de [la] mort» du militant.

All Out a lancé une pétition pour alerter le président camerounais, Paul Biya:

«En janvier, le président Biya a déclaré que “les esprits évoluaient” à propos des personnes gay, lesbiennes, bi et trans’. À la suite d’associations comme Human Rights Watch, nous appelons le président Biya à respecter ses paroles, à dénoncer cette agression brutale et à garantir que ceux qui ont perpétré cet horrible crime soient jugés.»

Au passage, Neela Ghoshal, de Human Rights Watch, met directement en cause les autorités camerounaises:

«Nous ne savons pas qui a tué Éric Lembembe, ni pourquoi il a été tué, mais une chose est claire: le manquement total des autorités camerounaises à leur devoir d’endiguer les violences homophobes constitue pour leurs auteurs un encouragement à les poursuivre en étant assurés de l’impunité.»

 Photo DR