a coeur perduÀ cœur perdu de Radclyffe, traduit de l’anglais (États-unis) par Marie Pellegrin, Dans L’Engrenage, 308 p., 19,50€. Quand on écrit sur des romances lesbiennes, on finit toujours par écrire un peu la même chose. Parce que pour être réussie, une romance – qui plus est lesbienne – doit satisfaire un certain nombre de critères, gagnant en efficacité ce qu’elle perd en originalité. À ce petit jeu, certaines auteures sont des valeurs sûres, même si leurs romans donnent parfois, et pour cause, une impression de déjà-vu. Parmi elles, Karin Kallmaker (lire ci-dessous la critique de La Belle Éprise) ou Radclyffe. De cette dernière, les éditions Dans L’Engrenage viennent de publier À cœur perdu. Quinn Maguire, chirurgienne hyper talentueuse, accepte un poste d’urgentiste à Philadelphie. Honor, sa nouvelle chef de service, à qui elle a été imposée, se méfie qu’une médecin à l’avenir tout tracé accepte de revenir à la base. Quinn a bien sûr un secret, et c’est aussi cette part de mystère qui fera succomber Honor, qui a elle-même un passé pas simple à assumer. Avec ce qu’il faut d’entraves pour attiser le désir, Radclyffe touche juste, une fois de plus. Judith Silberfeld

 

 

 

la belle eprise

La Belle Éprise, de Karin Kallmaker, traduit de l’anglais (États-Unis) par Magali Souto, KTM Éditions, 273 p., 19€.
Entre Marissa et Linda, tout commence par un naufrage, autrement dit, pas sous les meilleurs auspices. Une rencontre à bord d’une chaloupe après que leur bateau de croisière a sombré au large de la Polynésie et c’est le coup de foudre. L’une est une geekette un peu boulotte, qui a fondé sa propre agence matrimoniale, l’autre une sorte de Lucy Lawless au charme ravageur et mystérieux. Leur paquebot au fond de l’eau, elles n’ont d’autre choix que de terminer ensemble leurs vacances dans un luxueux hôtel sur une île en plein Pacifique… Mais toutes les bonnes choses ont une fin… La force de cette bleuette de Karin Kallmaker, grande prêtresse de la romance lesbienne, c’est que cette histoire au départ idyllique entre Marissa et Linda, ne trouve finalement un réel intérêt que lorsque les deux femmes sont séparées et décident chacune de leur côté, galvanisées par cette rencontre hors du commun, de prendre en main leur vie et de régler leurs comptes avec leur passé… avant de se retrouver pour le happy end prévisible, mais néanmoins tant attendu. Maëlle Le Corre

 

(être) Inutile, d’Angélique Adagio, [format Kindle], 208 p., 4,11€: Envie d’être secoué.e? Le roman d’Angélique Adagio commence comme un petit livre sympa mais vire très vite à l’humour noir. Un livre dérangeant et indispensable (ou indispensable parce que dérangeant, à vous de choisir). JS

 

transyclopedieLa Transcyclopédie: tout savoir sur les transidentités, dirigé par Karine Espineira, Maud-Yeuse Thomas, Arnaud Alessandrin, Des Ailes sur un tracteur, 320 p., 19,80€. Édité chez Des Ailes sur un tracteur, cet ouvrage collectif extrêmement bien documenté et réalisé avec plusieurs associations, est une véritable mine de savoir pour tout.e.s celles et ceux qui souhaitent connaître ou mieux connaître les questions trans’ à travers de nombreuses thématiques, de la culture à la santé, en passant par le droit, la sexualité, ou encore la transphobie. MLC

 


 

m pour tous ronceray

Mariage Pour Tous, d’Eric Ronceray, Éditions Atlande, 128 p., 10€. Un carnet de caricatures tour à tour mordantes, piquantes ou attendrissantes, sur le débat qui a secoué pendant six longs mois la société française. Lire l’interview du dessinateur Eric Ronceray sur le blog Yagg Mes Invertissements. MLC

 

DebatpourtousLe Débat Pour Tous – mariage contre manif, de Martin Zeller et Wandrille, Steinkis, 304 p., 21,50€. C’est encore frais dans nos esprits, et pourtant feuilleter Le Débat Pour Tous revient presque à se replonger dans les souvenirs encore vivaces de ces derniers mois. Les bons (les manifs, les yeux pétillants de Christiane Taubira), et les moins bons (des flopées de drapeaux roses et bleus, une excentrique catholique en mal de célébrité)… Un livre avec de vrais morceaux de militants à l’intérieur, mais aussi des tweets, des affiches, des dessins de blogueurs.euses (Silver, Jeromeuh pour ne citer que ceux-là) pour revivre ce grand débat 2.0. MLC


 

fhar rapport 71

Rapport contre la normalité du FHAR, Éditions Question De Genre/GKC, 130p., 15€. Les éditions Question De Genre/GKC réédite un document historique, le rapport contre la normalité du Front Homosexuel d’action révolutionnaire publié en 1971. Un pan particulièrement subversif de l’histoire de la communauté gay en France. MLC

 

socio HSociologie de l’homosexualité de Sébastien Chauvin et Arnaud Lerch, Éditions La Découverte, 128 p., 10€. Synthèse des recherches en sciences sociales sur l’homosexualité en France, cet ouvrage très complet se penchent sur de nombreux aspects sociologiques des gays et des lesbiennes: engagements politiques, santé, visibilité sociale ou encore médiatique, famille… MLC

 

 

 

 

bonne a marier

Bonne à marier, Pochep, Vide Cocagnes, 24 p., 4€. Pochep est l’un des blogueurs à l’origine du projet 17 Mai (dont la première édition a été publiée en mai dernier aux éditions Des Ailes sur un tracteur). Les débats autour du mariage pour tous lui ont inspiré plusieurs notes absolument décapantes sur son blog, qui sont aujourd’hui compilées dans cet album. MLC

 

 

 

 

comme chez toi c maurelComme chez toi de Carole Maurel, Casterman, 132 p., 16€. Carole Maurel qui avait participé aux Chroniques Mauves, vient de sortir une nouvelle bande dessinée. C’est l’histoire de Stef, en galère d’appartement et qui se retrouve à squatter tour à tour chez ses copines, une bande de trentenaires hautes en couleurs: Anouk et son jeune fils Loulou, d’une franchise et d’une spontanéité désarmantes, Sophie dont la mère, fraichement divorcée, est revenue s’imposer chez sa fille, Jo la fashionista, Fanny qui vient tout juste de changer de mec… Cet album composé de courtes planches a certes un côté chick-lit au premier abord, mais se révèle largement plus drôle, subtil et relevé que la plupart des albums dits « pour filles ». A lire et à relire sans modération. MLC

 

Mise en page 1Vie, errances et vaillances d’un gaillard libertin, Claude Puzin, éditions ErosOnyx, 276 p., 35€. Tout est vrai ou vraisemblable dans ce roman historique qui rendrait fous les drogués des «manifs pour tous». Le chef d’œuvre de Claude Puzin – spécialiste du XVIIe siècle- fait du poète burlesque Charles d’Assoucy , homosexuel («bougre») notoire, notre chouchou, notre figure de proue… Imaginons que la France d’aujourd’hui soit encore –comme à son époque- sous la coupe de nos cathos excités (et parfois royalistes nostalgiques), versaillais barjots et frigides subis ces six derniers mois! D’Assoucy, toujours sur le fil d’une fuite, d’une condamnation, de prison ou de bûcher, a crânement vécu son amour des hommes. Il a joui de chaque parcelle de liberté possible dans un siècle où le pire voisinait encore avec le possible… Charles d’Assoucy sera au cœur de deux triangles amoureux successifs que le lecteur, émerveillé et intellectuellement sollicité (ça vole souvent haut mais sans aucun pédantisme et dans une bonne humeur érotique jamais déçue) suivra en France puis en Italie. Le premier trio libertin le voit en cheville (et plus !) avec Cyrano de Bergerac (le vrai) et Villette (un beau et fin lettré), la seconde triade unira le poète et deux jeunes musiciens… C’est vivant, savoureux, exigeant. Portrait d’une lointaine France qui nous parle encore et fascine. Langue qui fleure bon le dix-septième, achevant de nous transporter, dans tous les sens du terme. Si vous ne vous «faites pas de cadeaux», voilà l’exception. Éric Garnier (Éric Garnier tient une chronique livres dans l’émission Homomicro).