Vendredi 5 juillet, la justice a rendu son verdict, autorisant ainsi les militants LGBT à défiler dans les rues de la capitale lituanienne qui se tiendra le 27 juillet. Mais la municipalité, qui s’oppose à cette manifestation, n’a pas dit son dernier mot.

TROIS ANS APRÈS, LA MÊME RENGAINE
Suite à une rencontre le 26 juin dernier avec les organisateurs.trices, la municipalité de Vilnius avait refusé d’accorder son autorisation pour la tenue de la Baltic Pride dans l’avenue Gediminas (photo), en raison de «la haute probabilité d’incidents» et «la menace de l’ordre public, de la morale et de la sécurité en dépit d’une présence policière», violant ainsi le droit à la liberté de réunion. Une décision jugée disproportionnée et surtout injuste par John Dalhuisen directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International, puisque d’autres manifestations ne rencontrent pas d’obstacles pour défiler sur cette rue commerçante. En 2010, la première marche des fiertés en Lituanie avait déjà connu une vive opposition. Trois ans plus tard, les militant.e.s LGBT ont encore eu à se battre pour maintenir cette manifestation.

LA BONNE DÉCISION
L’Ilga-Europe a vivement salué cette décision de justice et la ténacité des organisateurs.trices:

«Nous félicitons la Lithunian Gay League (LGL) et les militants baltes LGBTI qui ont persévéré pour s’assurer que leur liberté d’assemblée serait garantie. Nous félicitons aussi le système judiciaire lituanien pour avoir pris une telle décision et pour avoir rejeté les objections discriminantes présentées par le Conseil de le ville de Vilnius.»

Le président de la LGL a lui aussi commenté cette avancée:

«C’est une grande victoire légale, pas seulement pour la communauté LGBT locale, mais pour toute la société civile en Lituanie pour assurer le droit à la liberté d’assemblée.»

PAS UNE OPPOSITION AUX DROITS HUMAINS?
Ce matin, la municipalité de Vilnius a cependant fait appel de la décision de justice. D’après le maire de Vilnius, Arturas Zuokas, il ne s’agit pas d’une obstruction aux droits humains:

«Il est entendu que tous les citoyens ont le droit d’utiliser les garanties constitutionnelles de la liberté d’expression. Tout le reste n’est que questions techniques – comme l’emplacement, le fait qu’elle ne doit pas déranger les autres résidents de la ville et éviter les ennuis inutiles.»

Pour lui, les militants doivent être plus conciliants:

«La tolérance ne peut être atteinte grâce à la pression. La tolérance ne se produit que par la compréhension et la compréhension prend du temps, le débat est nécessaire, comme dans l’Union européenne ou aux États-Unis.»

En Lituanie, les droits des LGBT sont encore fragiles. En 2011, alors qu’une loi interdisant d’évoquer l’homosexualité avait été adoptée au Parlement, une autre mesure garantissant la tolérance et le respect des droits avait permis d’annuler la première jugée discriminante.

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Photo Wojsyl