On pensait la honte disparue mais à chaque manifestation, à chaque gay pride, à chaque marche des fiertés, le débat refait surface: peut-on s’habiller – ou se déshabiller – comme on en a envie, quitte à donner une «mauvaise image» de l’homosexualité?

La réponse devrait être oui, évidemment oui, puisque personne ne s’inquiète de la mauvaise image de l’hétérosexualité que peuvent donner les vêtements portés lors des défilés du 1er mai ou, dans un style différent, de la «Manif pour tous».

«La gay pride fait mauvais genre. Quoi qu’on en dise, c’est là, pour ses détracteurs, tout le problème. Elle affirme des sexualités en dehors de la norme hétérosexuelle et réclame qu’elles soient publiquement acceptées, écrit le journaliste Julien Jeffredo sur Le Huffington Post. Pire encore, et voilà pourquoi le quidam peut s’en émouvoir, elle jette un trouble dans la frontière entre hommes et femmes. Qu’un homme couche avec un homme ou qu’une femme couche avec une femme, passe encore. Mais si un homme ne fait pas homme et si une femme ne fait pas femme, rien ne va plus. Cette remise en question du genre rayonne au-delà de la portée d’un char et de la durée d’une parade.»

Et de poursuivre: «Bien sûr, tous les homosexuels ne sont pas comme ça. Mais voici la question fondamentale: et s’ils l’étaient? Oui, si tous les gays étaient des folles? Et si les lesbiennes étaient toutes des camionneuses ? Mériteraient-ils autant d’être reconnus?»

«Parce que la réponse est oui, la gay pride doit tous les représenter, jusqu’au dernier. D’abord le dernier. Car c’est lorsque les plus stigmatisés seront acceptés que l’horizon du combat pour l’égalité et le droit à la différence sera atteint. L’intérêt de la marche LGBT est bien celui-ci: unir les causes sans détacher les plus faciles.»

À lire sur Le Huffington Post.

Photo Xavier Héraud