En Macédoine, alors qu’une loi interdisant les discriminations et les discours haineux a été votée en 2008, elle n’inclut plus les remarques portant sur l’orientation sexuelle ou le genre depuis une modification deux plus tard. Dans un pays qui n’a dépénalisé l’homosexualité qu’en 1996 pour pouvoir intégrer le Conseil de l’Europe, la haine des LGBT reste la norme. En 2002, l’homosexualité y était considérée comme une maladie mentale par 80% de la population d’après une étude publiée par Le Centre pour les droits civiques et humains. 65% des sondé.e.s ont par ailleurs indiqué qu’être homo constitue à leurs yeux un crime devant être passible de prison. Dix ans plus tard, la situation ne s’est pas arrangée. En octobre 2012, après une déclaration de Spiro Ristovski, ministre du Travail et des Questions sociales, sur la nécessité que le mariage et la famille restent hétérosexuels, les principaux journaux du pays n’ont pas hésité à multiplier les remarques homophobes. Le quotidien Večer y a consacré sa Une quatre jours de suite, insistant notamment sur la dangerosité supposée des homosexuels pour les enfants en cas de légalisation de l’adoption.

C’est dans ce contexte que Petar Stojkovikj, comédien, militant des droits humains et défenseur des droits des personnes LGBT de 27 ans, fait son coming-out sous forme de tribune. Activiste médiatisé dans son pays pour sa lutte contre les violences policières et sa participation active à divers mouvements de défense des droits fondamentaux, il part de son cas personnel et familial pour défendre les droits des personnes LGBT en général. Retraçant son parcours, il insiste sur sa normalité, alors que d’après une étude de 2010 réalisée par le Centre macédonien pour la coopération internationale, 65 % de ses concitoyen.ne.s refusent d’avoir un homo pour voisin. Un témoignage fort à lire sur Le Plus du Nouvel Observateur et Sakam Info (en macédonien).

Photo via le site de Petar Stojkovikj