Polémique en Belgique, après ce qui semble être une agression antisémite et peut-être aussi lesbophobe. La presse belge découvre (et nous avec) une agression qui a eu lieu le 24 mai dernier, par un récit effrayant sur le blog du polémiste Marcel Sel, l’auteur d’Indignés de cons.

Dès leur installation dans leur nouvel appartement d’un immeuble d’Aartselaar, dans la banlieue d’Anvers, Cindy Meul, Belge nérlandophone, sa compagne belgo-israélienne, l’ex-joueuse de tennis Ruth Sverdloff, et leur fille ont été victimes de harcèlement de la part de leurs voisins. En cause apparemment, la mezouzah posée sur la porte de l’appartement. Une mezouzah est censée protéger la maison. Pour la famille, c’est l’inverse qui s’est passé.

Le 24 mai dernier, rapporte Marcel Sel, alors qu’elle se trouvait seule chez elle, Cindy a été agressée avec une très grande violence par un homme et une femme du voisinage. Lorsqu’elle a ouvert la porte à ses futur.e.s agresseur/euse, elle les a entendu.e.s lui dire «On est venus finir le travail des nazis». L’agression est si violente que Cindy sera hospitalisée pendant 15 jours. Mais lorsque Ruth est arrivée chez elle et a découvert ce qui était arrivé à sa compagne, une inspectrice de la police locale était en train de plaisanter avec les auteur.e.s des coups.

L’affaire ne s’arrête pas là puisque la police refuse de prendre la plainte de Ruth, au motif qu’elle ne parle pas néerlandais (elle le comprend, mais s’exprime en hébreu, anglais ou français). Ruth finit par tenter de médiatiser l’affaire pour obtenir gain de cause. Seule une dépêche de l’agence Belga est reprise par-ci par-là. À celle-ci, l’inspecteur générale de la zone de police Hekla explique qu’aucune plainte n’a été reçue des deux femmes, mais qu’en revanche «les voisins du couple ont déjà porté plainte quatre ou cinq fois pour tapage nocturne». La dépêche indique que lors de l’agression, «la victime semblait clairement sous l’influence de l’alcool». Depuis, les deux femmes ont été reçues par le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (qui ne peut pas intervenir directement mais aurait promis de parler au bourgmestre d’Aartselaar), et Ruth a pu porter plainte le 17 juin.

Parole contre parole. Le fait que l’avocat du couple soit Mischaël Modrikamen, le fondateur du Parti populaire (PP), proche des idées du Front national de Marine Le Pen, vient encore compliquer la donne. Marcel Sel prend d’ailleurs soin dans son post de préciser qu’il ne s’agit pas d’un article «objectif»:

«Je me suis basé sur les déclarations de Ruth Sverdloff, de Cindy Meul, sur des documents médicaux, sur mon intuition et sur les étranges affirmations du porte-parole de la police. Parce qu’il s’agit d’un couple de quadragénaires, parce que Ruth fut une sportive, parce qu’elle me semble respectable, parce que sa version est cohérente et qu’elle m’a donné des nouveaux détails qui, tous, allaient dans le sens de la première version qu’elle avait donnée à la presse; parce qu’elle a demandé des précisions à Cindy pendant notre conversation et que toutes cadrent dans le récit “originel” et parce que j’ose espérer que Bart De Wever n’invite pas des gens dans son bureau à la légère, je prends le parti subjectif de les croire. Et enfin, surtout, la version de Ruth et Cindy me paraît bien plus crédible que celle de la police locale. Si cette histoire est vraie, comme je le pense, elle est juste épouvantable.»

Selon La Libre, l’ouverture d’une enquête a été ordonnée par la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet.

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