Appelée à résilier son bail car elle n’a pas respecté les conditions d’occupation de son logement dont est propriétaire la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), Virginie Merle-Tellenne, alias Frigide Barjot, a publié hier, jeudi 27 juin, sur Causeur.fr une mise au point co-signée avec son époux, Bruno Tellenne. «Notre déclaration d’impôts est sincère, a réagi le couple. Virginie, sans emploi depuis qu’elle est devenue “opportuniste”, comme dit Karl Zéro, ne survit qu’en rognant tous les mois sur le capital hérité de ses parents. Quant à Bruno, “nègre” affranchi par Pasqua il y a vingt ans déjà, il reste un prolétaire de la plume.»

DES EXPLICATIONS PEU CONVAINCANTES
Sauf que, comme le souligne Bruno Roger-Petit dans une chronique parue sur Le Plus, ce ne sont pas leurs revenus ou leurs conditions de vie qui sont en cause. Si la RIVP les somme de quitter leur logement, c’est d’une part parce qu’ils y ont établi une société commerciale, d’autre part parce qu’ils le sous-louent à cette même société commerciale. À ce sujet, les époux Tellenne ne pipent mot. Rien non plus sur leurs «faibles revenus». Selon l’AFP, ceux-ci s’élèvent environ à 36000 euros par an. Soit 3000 euros mensuels. Avec un loyer de 2850 euros, il leur resterait donc 150 euros par mois pour vivre à Paris. Un montant surprenant vu le train de vie du couple – Virginie Merle-Tellenne ne cache pas qu’elle a recours à un assistant personnel, par exemple. Jusqu’à quel point pourra-t-elle «rogner tous les mois sur le capital hérité de ses parents»?

DES MONTANTS «ASSEZ EXORBITANTS»
Selon le trésorier de la «Manif pour tous», le mouvement n’a pas eu d’impact sur ses finances, puisqu’elle a perçu des avances et des remboursements s’élevant à «des milliers d’euros», a-t-il confié au quotidien Métro. Des montants «assez exorbitants», a-t-il commenté. Selon le collectif, trois millions d’euros ont été dépensés au cours des neuf derniers mois pour l’ensemble des activités de l’organisation. Cette somme proviendrait à la fois de collectes publiques, de dons et de la vente de produits dérivés. Mais les dons ne viennent pas que de particuliers enthousiastes: l’Association des familles catholiques ou Alliance Vita, partenaires de la «Manif pour tous», ont approvisionné le «monstre» – ainsi que l’a qualifié son co-fondateur Xavier Bongibault – en argent et en matériel, comme l’indiquait en janvier l’enquête conjointe de Yagg et Mediapart sur les financements de l’organisation. Ce dimanche 30 juin, les sympathisant.e.s du mouvement seront de nouveau mis à contribution puisqu’ils/elles sont invité.e.s à prendre part à un «cortège de voitures bruyant» au départ de la porte de Saint-Cloud.

«La gêne est constamment présente lorsqu’il s’agit de poser des noms sur les donateurs», déplore Métro. Le trésorier de la «Manif pour tous» a évoqué une éventuelle publication des comptes à la fin de l’exercice 2013, donc en 2014. Lors d’une conférence de presse organisée le 9 janvier dernier, le mouvement promettait de faire la même chose… dès la semaine suivante. On attend toujours.

Photo Yagg

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