Lors de leur conférence de presse conjointe hier, jeudi 27 juin, les présidents Barack Obama et Macky Sall ont vu la question de l’homosexualité être soulevée par une journaliste. Celle-ci a évoqué les décisions de la Cour suprême sur DOMA et Prop 8 pour demander aux chefs d’État quelle était leur position dans ce domaine. Or, au Sénégal, être homo est passible d’une peine de prison et d’une amende.

Le président américain a marché sur des œufs en parlant de «victoire pour la démocratie américaine» dans un pays où «en tant qu’Américains, il y a le précepte de base que nous sommes tous égaux devant la loi». Il a ajouté que certains pays pouvaient avoir «des visions différentes» sur l’homosexualité, mais que chaque État a pour devoir de «traiter chacun également». Si Barack Obama espérait obtenir une petite avancée de son homologue sénégalais, il a dû être déçu. Macky Sall a indiqué que le Sénégal ne dépénalisera pas l’homosexualité.

«Cela ne veut pas dire que nous sommes homophobes, a tenté de se justifier le président. Mais il faut que la société absorbe, prenne le temps de traiter ces questions sans qu’il y ait pression.»

Piqué de recevoir des leçons sur les droits humains par le chef d’État américain, le Sénégalais a embrayé sur la peine de mort, «une question que chaque pays traite [à sa façon]. Nous l’avons abolie depuis longtemps [en 2004, ndlr]. Dans d’autres pays, elle s’impose parce que la situation l’exige. Nous respectons le choix de chaque État.» La peine de mort est toujours en vigueur dans 32 États américains (sur cinquante) ainsi qu’au niveau fédéral. À lire sur Le Monde.