Il y a deux semaines, A., un trentenaire gay qui vit à Paris, poste une photo de lui sur Facebook. Son visage est parsemé de nombreuses tâches rougeâtres et il a l’air très fatigué. Dans le message qui accompagne la photo, A. se plaint d’être malade… Deux jours plus tard, message glaçant sur son profil Facebook:

« Message des amis de A.: A. est donc à l’hôpital. Il est atteint d’une méningite contagieuse et mal en point. Les médecins s’occupent de lui en ce moment même.

IMPORTANT: Si vous avez passé plus d’une heure en sa compagnie et assez proche (moins d’un mètre) dans les 10 derniers jours, vous devez nous contacter. Des médecins vérifient en ce moment son emploi du temps et les personnes éventuellement touchées. Pas d’inquiétude mais il faut être vigilant. »

A. est depuis tiré d’affaire. Maladie relativement rare chez les adultes, l’infection invasive à méningocoque (ou méningite) de A. n’est pourtant pas un cas isolé, et ce en raison de son orientation sexuelle. À New York, un taux inhabituel de méningites a en effet été observé chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes entre 2010 et 2013. Vingt deux cas avaient été signalés, avec sept décès. C’est dire la gravité de cette maladie, lorsqu’elle n’est pas soignée à temps. En France, c’est la survenue de deux nouveaux cas récemment qui a décidé l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile de France à lancer, en cette veille de marche des fiertés un appel à la vigilance:

« Cette situation de trois cas groupés ne constitue pas à ce jour une situation épidémique. Cependant des éléments épidémiologiques incitent à une vigilance particulière. En effet, une épidémie d’infection à méningocoque C a été observée entre 2010 et février 2013 chez des HSH dans la ville de New-York. Au total, 22 cas ont été décrits avec 7 décès. Il n’y a plus de nouveaux cas signalés depuis le 15 février 2013. Trois cas d’infections à méningocoque C sont survenus récemment en 2013 chez des HSH  à Berlin, 1 en février et 2 en mai (contacts directs entre ces 2 cas). Un cas d’infection à méningocoque chez un HSH a également été identifié à Liège en Belgique en mars dernier.

Conformément aux recommandations du ministère chargé de la Santé, l’Agence Régionale de santé de l’Ile de France a informé toutes les personnes ayant été en contact étroit et prolongé avec les trois cas recensés. Ces personnes ont bénéficié d’un traitement préventif par antibiotique, comme dans tous les cas d’infections invasives à méningocoque. »

 

COMMENT LA MALADIE SE TRANSMET-ELLE?
L’Agence Régionale de Santé rappelle le mode de transmission:

« Le méningocoque est un germe qui se transmet de personne à personne par les gouttelettes issues des sécrétions rhinopharyngées (salive et autres excrétions), le plus souvent en face à face, de moins d’un mètre. Le risque de transmission entre une personne infectée et une autre personne est faible.

Cependant, le contact «bouche à bouche» ou lors d’un «baiser» est hautement contaminant quelle que soit la durée du «baiser. Les lieux de promiscuité (lieux de rencontres ou de convivialités) favorisent la transmission à partir d’une personne porteuse du méningocoque.

Les déficiences immunitaires comme être porteur du VIH, peuvent rendre plus vulnérable l’individu contact. Le méningocoque est un germe fragile qui ne survit pas dans le milieu extérieur. Sa transmission est exclusivement interhumaine et nécessite un contact proche. Il n’y a donc pas lieu de prendre des mesures particulières de désinfection des locaux. »

QUELS SONT LES SYMPTÔMES?
L’ARS détaille les symptômes de la méningite:

« Les formes les plus graves des infections invasives à méningocoque C sont les méningites et les septicémies qui peuvent se compliquer de purpura fulminans et de choc septique mortel. La méningite se traduit par une fièvre, des maux de tête, une raideur de nuque accompagnée souvent de vomissements et d’une gêne à la lumière.

Devant ces signes il faut consulter rapidement un médecin. Le purpura fulminans se manifeste par la survenue de tâches rouges sur la peau, qui ne disparaissent pas à la pression et qui peuvent s’étendre rapidement sur l’ensemble du corps, ces signes doivent amener à consulter sans délai un médecin ou à appeler le centre 15. »

Une vaccination est recommandée, mais seulement pour les personnes âges de 1 à 24 ans.

« Dans le contexte décrit ci-dessus, et dans cette tranche d’âge, il est particulièrement recommandé aux HSH et aux Trans de se faire vacciner contre le méningocoque C. », explique l’ARS.

Vous trouverez plus d’informations sur le site: http://www.info-meningocoque.fr/ ou en contactant Sida Info Service au 0 800 840 800.

Illustration: DR