Après l’association du festival de cinéma LGBT Bok o Bok, une autre organisation est tombée sous le coup de la nouvelle mesure du gouvernement russe visant à intimider les ONG de défense des droits humains. À Saint-Pétersbourg, Coming Out était accusée elle aussi de violer l’article 19.34 du code administratif des organisations à but non lucratif. Selon cet article, si une ONG reçoit un soutien financier d’un pays étranger et s’investit dans des «activités politiques», elle doit être recensée comme «agent étranger». À ce titre, plusieurs actions de Coming Out ont donc posé problème auprès des autorités, dont une campagne contre l’adoption de la loi anti-gay à Saint-Pétersbourg, ou l’édition d’une brochure sur les discriminations contre les LGBT.

L’HOMOPHOBIE, UNE POLITIQUE OFFICIELLE DE L’ÉTAT?
Au cours de trois audiences, les avocats Dmitry Bartenev et Sergei Golubok ont tenté de montrer l’irrecevabilité des accusations, notamment parce que certains documents avaient été obtenus de façon illégale. De plus, les événements incriminant l’association s’étaient tenus à une date antérieure à l’adoption de la loi sur les ONG. «Il a été démontré par les avocats que la défense des droits humains ne peut pas être commanditée par des pays étrangers, raconte l’équipe de Coming Out, puisque c’est une valeur universelle et que la Russie a l’obligation de les faire respecter et de les protéger, comme le garantit la Constitution. “Est-ce que l’homophobie et la discrimination envers les LGBT sont des politiques officielles de l’État?” a demandé la défense dans une tentative de faire la lumière sur ce que signifie “influencer la politique d’État”, une question restée sans réponse.»

UN VERDICT DÉCIDÉ D’AVANCE
Hier, la cour du district Vasileostrovsky a finalement condamné Coming Out à payer une amende de 500000 roubles, la peine maximale, soit 11500 euros. «Il est clair que pour le cas de Coming Out, pour le festival de film LGBT Bok-O-Bok et probablement pour d’autres associations LGBT prochainement, le verdict a déjà été décidé, bien avant que les procédures ne soient entamées», déplore l’association. Coming Out a lancé un appel aux dons pour pouvoir poursuivre ses actions.

Photo Max A. Khlopov