Après le passage en première et deuxième lecture à la Chambre des Lords, le texte de loi visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe au Royaume-Uni a franchi une autre étape hier, lundi 17 juin, pour arriver en commission. C’est à ce moment que chaque article de la loi devra être approuvé, afin que les amendements puissent être discutés, et ce sans limite de temps.

HISTOIRE DE VOCABULAIRE
Du côté de l’opposition, ce sont souvent avec des arguments sur la terminologie que les parlementaires entendent contre-attaquer. Lord Hylton aurait donc déjà déposé un amendement pour imposer le terme d’ «union» pour les couples de même sexe, et non «mariage» qui deviendrait l’apanage des hétérosexuel-le-s. C’est ce même parlementaire qui durant la deuxième lecture du texte avait fait part de sa tristesse quant à une certaine évolution du vocabulaire et considéré que les LGBT avaient volé le mot «gay»: «Je regrette beaucoup que le bon vieux mot français et anglais “gay” se soit fait, au cours de ma vie, réapproprié par une minorité agissante de la population.» Dans la même veine, Lord Mawhinney a déposé un amendement afin que les mariages entre personnes hétérosexuelles soient définis comme des mariages «traditionnels».

LA RÉPONSE DES PARLEMENTAIRES PRO-ÉGALITÉ
Face à eux, plusieurs parlementaires ont fait valoir la nécessité de ne pas créer des statuts particuliers en fonction de l’orientation sexuelle des personnes. «Je crois comprendre que ce que les couples de même sexe demandent n’est pas la permission de l’État pour avoir des relations sur du long terme, faites d’amour, d’engagement, a argumenté Kathleen Richardson, mais la reconnaissance de l’État que les relations qu’ils ont, ou qu’ils ont l’intention d’avoir, sont tout aussi valides, parce qu’elles amènent de la stabilité dans la société et qu’elles sont tout aussi appropriées pour mener à bien l’éducation des enfants qui sont dans ces familles.» Après la journée d’hier, deux jours seront encore consacrés au passage en commission de la loi, le mercredi 19 juin et le lundi 24 juin.

lord hylton

Cliquez sur l’image pour revoir les débats d’hier sur le site du Parliament.

COMME UN AIR DE DÉJA-VU…
Pendant que la loi poursuit son chemin, à l’extérieur de la Chambre des Lords, les opposant-e-s à l’égalité redoublent d’imagination pour inventer de nouveaux moyens de se faire entendre. Le dernier en date sonne étrangement comme notre «Plus Gay Sans Mariage» français, le très nébuleux groupe de la caution homo de la «Manif pour tous» Xavier Bongibault. Cette nouvelle initiative des anti-mariage s’appelle donc Gay Marriage No Thanks et a mené sa première action en publiant une liste des dix bonnes raisons de s’opposer au mariage pour tous. Le leader de ce collectif, Alan Craig, est un un ancien conseiller municipal. Il s’était fait remarquer l’an dernier pour avoir qualifié de «Gaystapo» les partisans de l’égalité des droits. S’il vous vient comme une impression de déjà-vu, c’est tout à fait normal…

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