La vie n’est pas simple en ce moment pour Julia Gillard, la Première ministre australienne, qui ne cesse d’être attaquée sur des questions personnelles. En début de semaine dernière, la presse s’est fait l’écho d’un incident lors d’un dîner organisé pour financer la campagne d’un candidat du Parti libéral national. Au menu, une «caille Julia Gillard»: «petite poitrine, cuisses énormes et grosse boite rouge».

Quelques jours plus tard, sur Fairfax Radio, un animateur, Howard Sattler, lui a demandé si son compagnon était homosexuel. La rumeur est persistante, a-t-il insisté, en particulier parce que Tim Mathieson est coiffeur:

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«C’est absurde, a rétorqué Julia Gillard. À toutes les coiffeuses, ainsi qu’aux coiffeurs qui nous écoutent: je ne crois pas qu’on puisse regarder une profession pratiquée par des êtres humains tous différents les uns des autres et dire “oh, nous savons quelque chose sur chacun de ces êtres humains”. C’est absurde, non?»

«Donc vous confirmez qu’il ne l’est pas?», a insisté Howard Sattler. «Howard, ne soyez pas ridicule, bien sûr qu’il ne l’est pas. (…) Laissez-moi vous ramener sur terre. Vous et moi venons de parler du fait que Tim et moi vivons au Lodge. Nous y vivons en couple. Vous le savez. Oui, il y a sur internet toutes sortes de dingos, comme je l’ai déjà dit.»

Julia Gillard et Tim Mathieson sont en couple depuis sept ans, mais ne sont pas mariés, une situation invoquée par la Première ministre pour justifier son opposition à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels. «Je crois que l’on peut être engagé-e dans une relation sérieuse, pleine d’amour de confiance et de compréhension sans avoir besoin qu’un certificat de mariage y soit associé, déclarait-elle il y a un an. C’est ainsi que je vis, et je parle donc avec ma propre expérience.»

Après l’épisode «Tim est gay», Howard Sattler a immédiatement été suspendu, puis licencié. Fairfax Radio a déclaré que la direction, après analyse de l’interview, avait jugé les questions posées «irrespectueuses et sans lien avec le débat politique». Howard Sattler a tenté de se défendre, en vain pour l’instant, en expliquant que la Première ministre savait qu’il avait l’intention de lui poser des questions difficiles. Il compte porter l’affaire devant la justice.

Quant à Julia Gillard, elle espère que ses mésaventures ne décourageront pas les femmes et les filles d’entrer en politique.

«Je veux que les jeunes filles et les femmes puissent se sentir partie prenante de la vie publique sans avoir à faire face à un interrogatoire comme celui auquel j’ai été confrontée.»

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