Deux hommes ont été condamnés, ce vendredi 14 juin, à 12 et 15 ans de prison, pour le viol d’une lesbienne à Béziers, en 2010.

Pour l’avocat de la jeune femme, le viol avait à l’évidence une «connotation corrective». «Ils l’ont violée, puis l’ont sodomisée en lui faisant jurer qu’elle n’aimerait plus jamais les femmes, expliquait Me Philippe Terrier à l’ouverture du procès. Ça a été atroce. D’une rare violence. La victime a pu s’enfuir en sautant par la fenêtre.»

La défense, pourtant, a voulu expliquer l’agression par la quantité d’alcool bue par les deux hommes et leur victime. Le ministère public insiste néanmoins sur le caractère homophobe (ou plus particulièrement lesbophobe) du viol: «À mon sens, ils éprouvent un mépris profond pour elle, motivé par deux éléments: sa consommation excessive d’alcool et son homosexualité, qui est la raison pour laquelle ils ont abusé d’elle de façon aussi odieuse, a déclaré l’avocat général Jérôme Laurent, cité par Midi Libre. Les termes employés par l’un et par l’autre au cours des différentes expertises sont éclairants sur le mépris qu’ils éprouvent pour les personnes homosexuelles.» Tandis que son complice Mohamed Traoré niait toute implication, Salif Doukouré, très instable mentalement, a tenté de faire porter la faute sur la victime: «Elle avait préparé son coup, et nous, on est rentrés dans son jeu. Elle voulait qu’on ait des problèmes, qu’on se retrouve en prison». Au président qui lui demande pourquoi, il répond: «Pour avoir des dommages et intérêts». Pour lui, «elle faisait semblant d’être consentante».

La cour d’assises de l’Hérault, à Montpellier, a finalement reconnu les deux hommes coupables d’avoir commis un viol en réunion à caractère homophobe.

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