France, Mariage | 12.06.2013 - 13 h 14 | 0 COMMENTAIRES
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À Arcangues, le maire ne marie plus aucun couple

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Jean-Michel Colo met en avant ses convictions religieuses pour s'opposer à l'ouverture du mariage qu'il juge «inique et immorale».

Le maire d'Arcangues a beau s'opposer avec virulence au mariage des couples de même sexe, il ne se considère pas comme un homophobe. En prélude à son interview sur France Bleu Pays Basque ce mercredi 12 juin, Jean-Michel Colo prend soin de préciser qu'il trouve Jean-Michel Martin et Guy Martineau-Espel «fort sympathiques». «Je n'ai aucune opposition sur leurs pratiques sexuelles», explique-t-il avant de préciser qu'elles doivent rester «d'ordre privé». Après avoir refusé de procéder au mariage des deux hommes, il indique avoir cessé de remplir ses fonctions d'officier d'état civil: «J'ai remis mon tablier d'état civil au préfet. Aujourd'hui, à la mairie d'Arcangues, on ne peut pas faire d'état civil». Samedi 8 juin, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait publié un communiqué dans lequel elle égrène les sanctions qui peuvent être prises à l'encontre de Jean-Michel Colo.

«JE SUIS CHRÉTIEN»
Lui n'en a cure. Monsieur le maire est persuadé que sa «liberté est constitutionnellement garantie» et que «la loi mal faite» est «inférieure à la loi positive ou naturelle». «Moi, je suis chrétien, j'ai eu une éducation chrétienne et je l'assume», n'hésite pas à mettre en avant cet élu d'une République pourtant laïque. Il ne semble pas avoir suivi avec beaucoup d'attention le processus législatif qui a permis l'adoption de la loi ouvrant le mariage puisqu'il énonce des contre-vérités savamment élaborées par la «Manif pour tous»: «Au Sénat, le vote a eu lieu à main levée, évoque-t-il en guise d'exemple. On ne sait pas ce qui s'est passé! À l'Assemblée nationale, pareil! Notre président a promulgué cette loi à 6 heures du matin!» En réalité, l'opposition sénatoriale n'a pas demandé de scrutin public, au Palais Bourbon, 566 député-e-s ont voté (dont 331 pour) et François Hollande a promulgué le texte dans la soirée du 17 mai, quelques heures après que le Conseil constitutionnel a validé le texte.

À l'en croire, Jean-Michel Colo n'est qu'un bouc émissaire du gouvernement qui juge «plus facile d'emmerder le maire d'Arcangues que de s'occuper de Marseille, de la Corse, de la sécurité ou de l'immigration». Il prédit «une arithmétique défavorable aux gens qui ont pris cette loi inique et immorale» lors des prochaines élections. Il se dit par ailleurs «hyper inquiet» en tant que grand-père que l'on introduise «la loi du genre» dans les programmes scolaires. «On doit éduquer nos enfants normalement», clame celui qui a «pris une femme» quand il a voulu «avoir un enfant». Il assure avoir lu que les enfants élevés dans des familles homoparentales ont des problèmes, «on le sait», et s'accroche à cette idée pour mieux justifier de discriminer. Maire d'Arcangues depuis 30 ans, Jean-Michel Colo, qui en a désormais 60, n'exclut pas de briguer un nouveau mandat l'an prochain.

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