Le vote du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe à l’Assemblée nationale le 23 avril avait donné lieu à un incident de séance durant lequel des militant-e-s homophobes ont  déployé une banderole dans l’hémicycle. Grâce au registre tenu par les services du Palais Bourbon, les députés qui ont invité ces fauteurs de troubles ont pu être retrouvés: il s’agissait de Jacques Bompard (ex-FN) et d’Hervé Mariton (UMP). Celui-ci attribue désormais la responsabilité de ces invitations à sa collaboratrice parlementaire, Jeanne Pavard, qui entretient des liens étroits avec l’extrême droite.

«TRAFICS DE BILLETS»
Dans une enquête publiée mardi 4 juin, Mediapart a détaillé les accointances de Jeanne Pavard avec la galaxie nationaliste radicale. Candidate sur les listes du Rassemblement étudiant  de droite (RED), un héritier du GUD, elle côtoie des membres du Renouveau français, de la rédaction de Minute et du Front national. Elle-même a fait «quelques passages» à Radio Courtoisie et a salué le suicide de Dominique Venner à la cathédrale Notre-Dame de Paris. Sur son profil Facebook, «Jeanne Pavard relaye des billets de Paris Fierté, association proche du Bloc identitaire qui promeut “la culture et l’identité parisienne”, des propos homophobes de Christian Vanneste (qu’elle a fréquenté à Contribuables associés), ou se félicite du vote des Suisses contre les minarets», liste Mediapart. Elle a «réalisé un grand ménage sur son compte Facebook» depuis qu’elle a été contactée par le site d’actualités.

Des révélations gênantes pour Hervé Mariton qui assure qu’il «n’avait pas connaissance de ces engagements partisans, a-t-il confié au Monde. Elle avait été recrutée en 2011, elle venait de Contribuables associés, une association que l’on peut qualifier de libérale mais pas d’extrême droite». Lorsqu’il l’avait interrogée sur l’incident de la banderole lors du vote solennel de la loi ouvrant le mariage, elle avait expliqué qu’elle avait attribué les places à la «Manif pour tous». «On donne des billets à des gens de la “Manif pour tous” qu’on ne connaît pas forcément, il y a peut-être des trafics de billets», s’est-elle justifiée auprès de Mediapart. Hier, mercredi 5 juin, Hervé Mariton a annoncé qu’il se passerait désormais de ses services: «Elle m’avait déjà exprimé récemment son souhait de partir. Je ne la retiens pas», a-t-il précisé au Monde.

Suivez Julien Massillon sur Twitter: JulienMsln