Après avoir habillé de rose et de bleu les discours homophobes, après avoir défilé aux côtés d’intégristes religieux et d’organisations d’extrême-droite et après avoir assuré le show dans les médias pendant plusieurs mois, Virginie Merle-Tellenne, renommée Frigide Barjot par son époux, a annoncé qu’elle n’ira pas à la «Manif pour tous» prévue dimanche 26 mai à Paris.

«En l’état actuel des choses sans avoir de garanties de pouvoir m’exprimer librement devant un cortège (…), pour éviter les heurts, pour éviter que la France continue de se diviser, sans garantie de ne pas être empêchée de parler, je préfère dire que je n’irai pas semer le trouble à la manifestation.»

PAS D’UNION CIVILE
La tête d’affiche du mouvement homophobe a poussé la dramaturgie jusque dans ses derniers retranchements, déclarant devant les médias: «Je suis Frigide Barjot, c’est comme ça, je ne l’ai pas voulu, j’ai été choisie». Choisie par les milieux intégristes pour être la façade «sympa» d’un discours haineux, elle n’a pas su assurer sa mission jusqu’au bout: son soutien à l’union civile a été décrié par ses allié-e-s. Ludovine de la Rochère, présidente de la «Manif pour tous», est par exemple formellement opposée à cette idée. «Je laisserai le soin à Laurence [Tcheng], Xavier [Bongibault], Nathalie [de Williencourt], Clément et tous les amis homosexuels d’Homovox de porter cette solution», s’est défaussée Virginie Merle-Tellenne.

Elle évoque des menaces à son encontre en provenance d’ultras qui entravent sa liberté de parole au sein du mouvement. Voulant concilier les deux camps, l’interprète de «Fais-moi l’amour avec deux doigts» revendiquait d’être «entre les deux», ni militante LGBT, ni homophobe. Le «schisme» entre la «Manif pour tous» et le «Printemps français», cette mouvance radicale incarnée par Béatrice Bourges du «Collectif pour l’enfance», avait en partie eu lieu du fait de l’impossibilité de marier l’homophobie et l’égalité des droits. Aujourd’hui, Virginie Merle-Tellenne craint les excès du mouvement informe qu’elle a contribué à créer et s’en remet au pouvoir qu’elle a voulu déstabiliser. Sur France Info, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a indiqué que ses services étudient une éventuelle interdiction du «Printemps français», qui n’a pourtant aucune existence légale.

Photo iTélé

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