C’est à l’endroit même où Mark Carson a été assassiné par balle dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 qu’un rassemblement a eu lieu ce lundi 20 mai à New York. Sa mort brutale a particulièrement ému la communauté locale car elle est intervenue en plein Greenwich Village, un quartier historiquement gay-friendly. Pour les forces de l’ordre, la motivation homophobe du crime ne fait aucun doute: «Il est clair que la victime a été tuée uniquement parce qu’on la croyait gay», a indiqué un représentant de la police. Le tueur présumé, Elliot Morales, a été interpellé pour meurtre et détention d’arme.

«TU VEUX MOURIR CE SOIR?»
Selon la police, il est entré dans un bar et y a proféré des insultes homophobes en s’adressant notamment à un serveur. Il a montré qu’il détenait une arme et l’a menacé de le tuer pour le dissuader d’appeler les forces de l’ordre. Il a ensuite quitté les lieux avec deux autres hommes. À une intersection, il a croisé le chemin de Mark Carson, 32 ans, et de son compagnon. Elliot Morales les a insultés et provoqués, demandant à l’un d’eux: «Tu veux mourir ce soir?». Les deux hommes ont poursuivi leur chemin, mais leur agresseur les a poursuivis avant de tirer sur Mark Carson.

D’après la sœur d’Elliot Morales, il a agi sous l’emprise de l’alcool, car il n’avait jamais émis de remarque homophobe auparavant et sa famille côtoie des personnes homosexuelles. Le tueur présumé n’a pas dit un mot lors de son audition. Il est toutefois déjà connu des services de police puisqu’il a déjà passé 10 ans en prison pour un vol.

HOMOPHOBIE HABITUELLE
Ce meurtre marque l’apogée d’une série d’agressions, en hausse dans le quartier de Greenwich Village. «Entendre des insultes racistes ou homophobes n’a rien d’inhabituel ici, explique une habitante du quartier. Les victimes de petits délits – agressions, harcèlement, tentatives d’attaque – sont traditionnellement des hommes gays. C’est comme si tous les truands et les fauteurs de troubles s’étaient passé le mot.» Ce constat est partagé par la directrice exécutive du Centre LGBT local qui pense que «l’approbation croissante de la communauté LGBT et l’avancée de l’égalité n’ont pas atteint toutes les rues».

C’est justement pour que la rue où Mark Carson est mort ne reste pas celle de la violence et de l’homophobie que plusieurs centaines de personnes ont défilé lundi à cet endroit précis. Des proches de la victime ont pris la parole, notamment sa tante, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous (cliquer sur l’image):

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L’une de ses collègues a rappelé que de son vivant, Mark Carson avait choisi de répondre à l’homophobie par l’humour. Manager dans une petite boutique, il a parfois été la cible d’insultes homophobes. «Il se contentait d’en rire, se souvient-elle. Il était fier de qui il était.»

Via The New York Times.

Photo New York Times

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