Dans le dossier «Sexisme, mensonge et vidéo» du dernier numéro «Spécial cinéma» de Stylist, un hebdomadaire féminin gratuit, un encart intitulé «Vive les Homen!» attire l’attention (page 24). Il s’agit d’un focus sur cinq hommes décrits comme féministes. Le lien entre le féminisme et les véritables Hommen a déjà de quoi laisser un peu perplexe. Mais c’est en voyant qui figure dans ce club très select des hommes féministes que le bât blesse. En effet, dans cette liste, l’auteur de l’article a jugé pertinent de compter Lana Wachowski. Et oui, puisqu’elle est trans’, la réalisatrice (Matrix, Cloud Atlas) est considérée comme un homme déguisé… et donc féministe: «Un jour sans prévenir, il s’est transformé en Lana, femme à dreadlocks rouges». C’est bien connu, un parcours de transition se fait en deux temps, trois mouvements et sur un coup de tête. Évidemment. À ses côtés, se trouvent l’auteur Philippe Djian, le politique Daniel Cohn-Bendit, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France Aimé Jacquet et l’acteur de X James Deen. À vous de déterminer s’il convient de les considérer comme féministes…

Cette marque de transphobie est clairement regrettable, surtout dans un article à forte teneur en féminisme qui analyse avec une certaine justesse le sexisme latent de l’industrie du cinéma et les inégalités de traitement entre réalisateurs et réalisatrices. Malheureusement, utiliser le pronom «il» pour parler d’une femme trans’, parler de «transformation» sont autant de signes qui montrent une grande part d’ignorance et d’irrespect quand on aborde la transidentité.

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