La décision du Conseil constitutionnel de valider la loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe a suscité de nombreuses réactions. Le président de la République a annoncé ce jour, vendredi 17 mai, qu’il promulguera la loi dès demain. «Cette loi devient celle de la République», a indiqué François Hollande.

Au micro d’i>Télé, la garde des sceaux Christiane Taubira a parlé d’une «décision de sagesse et d’apaisement du Conseil constitutionnel». Dans un communiqué, elle assure par ailleurs que dès la promulgation, la loi pourra «être appliquée sur l’ensemble du territoire national». Sa collègue Dominique Bertinotti se réjouit de voir que «ce projet est pleinement conforme à la Constitution de la France ainsi qu’à nos valeurs républicaines: la liberté, l’égalité et la fraternité. Cette décision clôt un débat de presque un an au cours duquel toutes les opinions ont été entendues et respectées», ajoute-t-elle.

Ceux et celles qui ont soutenu ce texte dans les différentes chambres du Parlement ont le cœur en fête:

 

 

 

 

En-dehors des hémicycles aussi, des personnalités politiques (ou pas) se sont exprimées en faveur de l’égalité des droits: le maire de Paris Bertrand Delanoë salue «avec joie et fierté» la décision du Conseil constitutionnel. «L’égalité vient de franchir une nouvelle étape dans notre pays», indique-t-il dans un communiqué.

Le monde associatif, qui porte cette revendication d’égalité depuis plusieurs années, n’est pas en reste. L’Inter-LGBT «se félicite» de la validation de la loi, mais rappelle aussi les prochains combats: «Le législateur doit ouvrir l’accès de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. Il doit penser la famille autrement et légitimer la parentalité d’engagement en réformant la filiation pour y intégrer toutes les familles, qu’elles se soient par ailleurs constituées dans ou en dehors du cadre du mariage. Il doit inscrire l’identité de genre dans le droit, et faciliter les procédures de changement d’état civil des personnes trans.» SOS homophobie se réjouit également que «l’avancée vers l’égalité» ne soit pas «contraire à la Constitution». «Il est à regretter qu’elle ait dû se faire dans un tel contexte de mauvaise foi et de violences homophobes» telles qu’elles ont été constatées dans le rapport annuel de l’association.

Pour la Fédération LGBT, la décision du Conseil est en soi une réponse à ce climat empreint d’homophobie: «Les Sages infligent un camouflet cinglant à tous les opposants en jugeant que la loi contestée n’a ni pour objet, ni pour effet de reconnaître aux couples de personnes de même sexe un “droit à l’enfant”». Enfin, Homosexualités et Socialisme (HES) juge cette «sacrée réforme» «pédagogique» et «porteuse d’espoir car elle va permettre aux couples homosexuels et aux familles homoparentales d’organiser légalement leurs solidarité et de consolider leur existence face aux aléas de la vie».

Comment ne pas conclure sur les changements qui interviendront dès ce soir? Avec humour, l’avocat Maître Eolas évoque les modifications introduites par la loi:

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