[mise à jour, 18h30] Ajout d’une déclaration de François Hollande lors de la séance de questions

Alors que la décision du Conseil constitutionnel sur le projet de loi «Mariage pour tous» devrait intervenir d’un jour à l’autre – les dernières rumeurs l’annoncent demain, vendredi 17 mai –, François Hollande a évoqué le texte lors de sa conférence de presse, entre la récession et les incidents qui ont eu lieu au Trocadéro après le sacre du PSG.

«Dès que le Conseil constitutionnel aura rendu sa décision, je promulguerai le texte», a-t-il promis.

Le Président de la République a rappelé le débat, celui que l’opposition n’a eu de cesse de réclamer, «a eu lieu, longtemps», au Parlement et en dehors, et ce, bien que «certains [lui] conseillaient d’aller vite, dès le lendemain de l’élection».

«La France n’a jamais conçu le rassemblement sur le mode de l’unanimité, a-t-il insisté. Les Français ne pensent pas tous pareil, y compris dans cette salle.»

«L’égalité n’est pas une nostalgie, c’est une ambition. (…) Je suis convaincu que cette loi sera regardée au fur et à mesure du temps pour ce qu’elle est, un progrès pour l’égalité et pour la liberté.»

«La France est capable d’assumer les grands sujets de société», estime François Hollande, qui a conseillé à celles et ceux qui ne veulent pas de cette loi d’«attendre l’alternance»: «Nous verrons bien qui proposera l’abrogation de la loi».

Interrogé sur la réforme la plus courageuse de son mandat, le président de la République a évoqué l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, s’adressant entre les lignes aux opposant-e-s pour leur signifier que leur mobilisation a été visible. Pour François Hollande, la ministre de la Justice, qui a porté ce texte avec Dominique Bertinotti, a également fait preuve de courage en restreignant le projet de loi uniquement à la question du mariage et de l’adoption.

«Je connais la société, juge le président. Je sais les sensibilités qui existent. Je les respecte. Je connais les traditions. Je sais ce qui peut heurter. Même si, pour ce qui me concerne, c’était un progrès considérable. Je crois que le débat parlementaire l’a démontré. Je veux ici saluer la garde des sceaux, Christiane Taubira, qui l’a fait avec beaucoup de responsabilité, y compris dans la préparation du projet de loi sous l’autorité du Premier ministre, en limitant le texte au mariage et à ses conséquences. Donc, c’est du courage, parce qu’on pourrait nous dire quand il y a des milliers de personnes dans la rue – il y a eu des milliers de personnes dans la rue – c’est du courage de dire qu’on va tenir bon, quoi qu’il arrive.»

Il a finalement eu un mot pour les personnes qui attendaient beaucoup de ce projet de loi, indiquant que les violences homophobes commises au cours des dernières semaines l’ont touché:

«[Cette loi,] c’est pour répondre à un élan qui était depuis longtemps formulé de couples, de personnes, de familles, qui demandaient l’égalité, qui demandaient la reconnaissance de leur amour, qui demandaient aussi une considération, qui faisait qu’elles ne se sentaient plus discriminées, écartées, stigmatisées. Rien ne m’a plus blessé que les actes homophobes parce que c’était vraiment la preuve qu’il y avait toujours cette tentation de notre pays de faire une violence à ceux ou celles qui ne seraient pas comme les autres.»

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