Après l’indignation, les enseignements et l’action. Agressées, lundi 6 mai, lors de leur entraînement hebdomadaire, les Dégommeuses ont raconté les faits dans un communiqué de presse publié sur leur blog.

L’INCIDENT DE TROP
Les joueuses avaient été insultées par une dizaine de jeunes garçons, des insultes «accompagnées de gestes à connotation sexuelle, décrivent-elles. Les adolescents ont ensuite mis la main sur un stock d’une vingtaine de bouteilles d’eau pleines, qu’ils ont lancées du haut du bâtiment en visant les joueuses. Si, fort heureusement, celles-ci ont réussi à esquiver les bouteilles et aucune n’a été blessée, les conséquences de ces agressions auraient pu être dramatiques».

Les faits s’étaient passés dans une indifférence quasi générale, rapporte encore le communiqué de presse. Il y avait les remarques agaçantes, narquoises lors de précédents entraînements, mais pour les Dégommeuses, les faits du 6 mai sont l’incident de trop. L’équipe voudrait que la mésaventure puisse contribuer à faire avancer les choses en matière de sexisme et de sport, contribuer à donner plus de visibilité et de légitimité au sport féminin.

SENSIBILISATION ET VISIBILITÉ
«Dès lundi, nous avons reçu le soutien de la mairie du XXe arrondissement dont celui de Thierry Blandin, adjoint chargé des sports, raconte Cécile Chartrain, présidente des Dégommeuses. Dans la soirée, l’entraînement a eu lieu avec des personnels de la sécurité et un médiateur social.» L’équipe doit aussi rencontrer Jean Vuillermoz, adjoint au maire de Paris chargé des sports, le 28 mai, une semaine après avoir eu rendez-vous avec Nicolas Brien, chargé de mission du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, ministre chargée des Droits des femmes et porte-parole du gouvernement.

«Nous voudrions participer à des opérations de sensibilisation pour les jeunes, poursuit Cécile Chartrain. Nous l’avions déjà fait en 2012 dans le cadre de notre opération Foot for Love. En partenariat avec le Crips d’Ile-de-France, nous avions rencontré des jeunes pour leur parler de sexisme et de lesbophobie.»

Des pistes de réflexion pour l’association en une semaine qui voit s’ouvrir les premiers États généraux du sport féminin en équipe, à Bourges, les 16 et 17 mai. L’événement, auquel participe l’auteure de cet article, a été organisé pour lutter contre le sexisme dans le sport, rendre le sport féminin plus visible, aussi bien dans les médias que dans les mentalités.

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