La présentation ce matin, mardi 14 mai, du 17e rapport annuel de SOS homophobie a été l’occasion de parler de la biphobie à travers les premiers résultats de l’enquête menée aux côtés des associations Bi’Cause, Le Mag et Act Up-Paris pour comprendre et mieux lutter contre les préjugés que subissent les personnes bisexuelles. Les premières données viennent d’être dévoilées et montrent que le manque de visibilité des bisexuel-le-s est source de nombreux a priori: instables et volages pour les hétéros, les bi-e-s sont aussi vu-e-s comme des traîtres par certain-e-s gays et lesbiennes. Si certaines tendances s’affirment, l’enquête n’est pas encore terminée: «Nous allons faire des statistiques croisées, confirme Léa Lootgieter, essayer d’affiner les données recueillies». Des résultats plus complets sont donc attendus dans le courant de l’année. Une rencontre-débat aura lieu mercredi 15 mai à La Mutinerie pour discuter et échanger autour de ces premiers résultats.

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+ 27% DE TÉMOIGNAGES EN 2012
Une fois de plus, les chiffres du rapport ne donnent pas d’occasion de se réjouir: 1977 témoignages recueillis, soit plus de cinq par jour, et une augmentation de 27% par rapport aux chiffres de l’an dernier. «C’est la première fois que nous observons une évolution pareille», observe Jean-Philippe Rathle, co-directeur de la rédaction du rapport. Pourtant, ces résultats ne surprennent pas grand monde. Pour SOS homophobie, il ne fait aucun doute que les manifestations des opposant-e-s à l’égalité des droits ont une part de responsabilité dans la libération de la parole homophobe. «Mais il faut noter qu’il y a aussi une libération de la parole des victimes. On voit clairement que les gens ont plus facilement le réflexe d’aller témoigner qu’auparavant», souligne Elisabeth Ronzier.

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QUELQUES NOUVEAUTÉS
«On introduit des chapitres spécifiques sur la gayphobie et la biphobie, précise l’association. Cela va nous permettre de mieux comprendre et d’identifier ces comportements, afin de les déconstruire, notamment dans le cadre de nos interventions en milieu scolaire.» De plus, certaines sections du rapport ont été agrémentées d’analyses par des journalistes, sociologues ou militants LGBT (Nelly Ambert de l’association Bi’Cause ou le député polonais Rober Biedrof). Enfin, le député Erwann Binet a apporté sa contribution en faisant publier dans le rapport des extraits de courriers reçus pendant les débats sur le projet de loi sur le mariage et l’adoption.

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