«Plus un sport est viril, plus il est homophobe», explique Pascal Brèthes, directeur du Paris Foot Gay. Avec la collaboration d’Anthony Mette, psychologue du sport et chercheur, et de l’Institut Randstad, l’association a publié cette semaine une étude faisant état de l’homophobie dans le football professionnel. Une conférence de presse a eu lieu mardi 30 avril pour présenter cette enquête qui montre que la moitié des footballeurs en centre de formation émettent des opinions homophobes. Yagg a interviewé plusieurs des intervenant-e-s pour mieux déterminer pourquoi cette violence à l’encontre des homosexuels est aussi répandue dans ce milieu.

Pour Anthony Mette, l’une des explications se situe dans le cursus des footballeurs professionnels. Ils évoluent en milieu fermé pendant toute leur adolescence. La promiscuité empêche d’assumer sa différence et de la vivre sereinement. Journaliste et co-auteur de Sexe Football Club (éditions Fetjaine), Bruno Godard complète ce point de vue en soulignant la violence inhérente à ce système de formation où dès leur plus jeune âge, les joueurs doivent s’entredéchirer pour réussir, obtenir une place dans une équipe de premier plan et obtenir le maximum de sponsors. Dans un milieu où être homosexuel est perçu comme une faiblesse, les joueurs homos se préservent en se taisant, voire en adoptant eux aussi une attitude homophobe. Anthony Mette pointe également du doigt le personnel encadrant ces jeunes en centre de formation qui reste silencieux sur la question de l’orientation sexuelle.

À l’étranger, un constat similaire s’est imposé dans plusieurs pays européens. Certains ont déjà pris des mesures à ce sujet. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont par exemple mis en place des plans pluriannuels pour une meilleure prise en charge de cette problématique. Outre les sanctions contre les propos et les actes homophobes, les instances du football dans ces pays développent des mesures pédagogiques à destination des clubs. Pour l’avocate Fanny Marie Brisdet, conseillère de la Fédération néerlandaise de football, il est en outre primordial de faire en sorte que les sponsors ne tournent pas le dos aux joueurs qui révèlent leur homosexualité. En choisissant pour égérie la basketteuse Brittney Griner, Nike – qui est l’équipementier du Paris Foot Gay – semble sur le bon chemin.

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